Pâques est la première solennité célébrée dans l’Église ancienne. Elle l’était chaque dimanche, « le jour du Seigneur, où notre vie s’est levée par lui et par sa mort », comme l’écrit Ignace d’Antioche au tout début du IIe siècle, afin de justifier l’abandon et le remplacement du sabbat. Au cours de la seconde moitié de ce même siècle toutefois, on voit çà et là les chrétiens mettre trois jours à part pour commémorer la Passion et la Résurrection de Jésus. Cependant, on n’était pas d’accord sur la date qui convenait à cela. Fallait-il se caler sur le 14 nisan du calendrier juif pour rester en accord avec les données évangéliques quel que soit le jour de la semaine, ou fallait-il que Pâques tombât nécessairement un dimanche ?
Les Asiates et d’autres avec eux tenaient pour l’usage hérité du judaïsme ; à Rome on était partisan du dimanche, opinion et usage que le pape Victor (vers 189-198) voulut imposer sans ménagement. Irénée de Lyon, Asiate d’origine et évêque en Occident, intervint, soulignant que la diversité des pratiques n’exclut pas l’unité de la foi ! Il y a bien quelques résistances, mais dans l’ensemble les Églises s’accordent pour célébrer Pâques un dimanche. Le concile de Nicée en 325 précise, qu’il revient à l’évêque d’Alexandrie d’en fixer la date, qu’il communique à ses confrères par l’envoi de lettres festales.
On voit qu’au IVe siècle, la forme de la célébration peut varier, suivant les traditions locales. Disons que généralement, surtout du jeudi au samedi de la semaine pascale, Pâques est attendu les lumières étant éteintes en un jeûne rigoureux, qui sera levé après l’eucharistie du dimanche. Au cours de la nuit du samedi au dimanche ont lieu les baptêmes des catéchumènes, qui ont été instruits tout au long du Carême. L’annonce de la Résurrection est moment propice pour allumer le cierge pascal au feu nouveau.
Pâques apparaît ainsi comme la méditation d’un double mystère. Le Christ est ressuscité. Les croyants sont sauvés. C’est une proclamation liturgique de la grâce !
