Vosges-Meurthe : Saint-Dié, Raon-L’étape, Senones et Baccarat

Un peu de géographie : notre paroisse, située sur les contreforts des Vosges dans le bassin de la haute Meurthe, est constituée des paroisses de Saint-Dié des Vosges et de Raon-Senones-Baccarat.

…Et un peu d’histoire bien sûr !

Tant à Saint-Dié qu’à Raon-l’Étape ou Senones, le protestantisme ne s’établit véritablement qu’après la guerre franco-allemande de 1870-1871 et l’annexion à l’Allemagne de l’Alsace et de la Lorraine. Des ouvriers et des industriels du textile quittent alors leurs terres natales pour s’installer en territoire français.

En 1826, huit notables « évangéliques » demeurant à Saint-Dié obtiennent l’autorisation de « remplir en commun leur devoir religieux ». Un oratoire est alors inauguré en 1826. En 1829, une ordonnance royale décide qu’un pasteur y sera attaché. Suivra la construction d’un temple, inauguré en 1856. En 1884, la Société centrale d’évangélisation du Nord crée un poste pastoral à Raon l’Étape. Un temple y sera ensuite édifié et inauguré en 1889. Un autre lieu de culte a été aménagé à La Petite-Raon en 1949 (vendu après les années 2000).

 

Senones : le temple était une synagogue

L’histoire du temple de Senones est émouvante. Il s’agit d’une ancienne synagogue construite en 1896 et inaugurée le 11 mars 1897. Après la seconde guerre mondiale la communauté juive de Senones est devenue quasiment inexistante. Elle céda gratuitement la synagogue à la communauté locale de l’Église réformée « eu égard au dévouement des protestants envers les juifs durant les années de persécution ». Dans les rares documents de l’époque retrouvés, figure une clause particulière. Il s’agit d’une lettre rédigée par le grand rabbin de France en 1948 demandant aux protestants de mettre une salle à la disposition de ses coreligionnaires si une communauté israélite se réimplantait.

 

Aujourd’hui : un petit reste.

Si dans le passé l’afflux de protestants alsaciens a permis l’expansion des paroisses et la construction des temples, la situation n’est plus la même aujourd’hui. La fermeture des usines, la chute de la démographie et l’exode rural ont eu un impact important sur la vie de la paroisse. Aujourd’hui, un petit nombre de membres actifs, pour la plupart « seniors », constituent une équipe dynamique qui maintient les activités habituelles (cultes, études bibliques, visites, repas communautaires, etc.). Nous entretenons de bonnes relations avec les paroisses catholiques et mennonites de notre secteur. En particulier une belle fête de l’Avent est organisée en commun à Saint Dié, avec marché de Noël et repas, rassemblant une centaine de paroissiens et amis.

 

Un avenir en questions

Nos bâtiments sont grands, difficiles à chauffer. Nous prêtons depuis quelques mois le temple de Raon à une communauté mennonite de Baccarat. L’avenir est-il de partager nos temples ? D’en vendre un ? Que faire du presbytère actuellement loué mais source de soucis?

 

Plaque apposée à l’entrée du temple de Senones, rappelant que la communauté israélite a donné la synagogue à l’Église protestante pour en faire un temple

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