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À Taizé, les jeunes vivent une spiritualité global
Vous avez emmené 60 jeunes à Taizé. Comment s’y vit la spiritualité ?
Il faut bien voir que c’est une spiritualité « globale ». Il n’est pas possible de la résumer aux trois temps spirituels proprement dits. La vaisselle, le nettoyage des toilettes participent aussi de la spiritualité qui se vit là-bas.
Il y a donc trois temps « spi » à proprement parler…
Oui. Quand les cloches sonnent, tout le monde s’arrête pour prendre le chemin de l’église de la réconciliation. Ces temps de prière sont constitués de chants, de lectures bibliques, de temps de silence (8 à 10 minutes) et chant de louange pour terminer. Le tout dure 45 minutes. Les jeunes sont impressionnés par ces chants repris par 1000 personnes ! La présence de tout le monde est attendue et rendue facile, car les chants sont simples et bien dirigés. Les frères ont un réel savoir-faire pour permettre à toutes et tous de participer.
La Bible n’est pas « commentée » ?
Si, mais le matin. Des personnes de toutes les nationalités se retrouvent en sous-groupes pour une lecture biblique commentée, en fonction de l’âge des participants. Ce temps se termine par une série de questions : des questions existentielles (qu’est-ce que je pense moi), des questions sur le texte lui-même et des questions pour aller plus loin (engagements…). Les jeunes abordent ces questions entre eux. Si un adulte est présent avec les plus jeunes (moins de 17 ans), il ne dirige pas, n’oriente pas, n’enseigne pas. Il facilite l’émergence de la parole…
La parole, justement… il y a beaucoup d’échanges, de rencontres, de partages
Oui. Il y a des temps libres pour jouer, échanger. Tout permet de tisser des liens. Sans compter qu’il y a aussi des propositions thématiques dans l’après-midi autour de l’écologie, le modèle scolaire d’aujourd’hui, comment penser les rapports entre le Nord et le Sud… toutes ces questions qui nous tenaillent… Elles ne sont pas abordées de manière idéologique. Tout est fait pour permettre à chacun de se situer à tel ou tel moment de sa vie pour pouvoir avancer. L’idée, c’est que personne n’est « au-dessus ». Nous sommes tous en chemin et il s’agit d’apprendre ensemble à devenir disciple.
