Mais si les cœurs sont marqués, difficile cependant de parler d’une transformation soudaine. Il vaudrait mieux faire état de cheminements, d’histoires débutées au sein d’une famille, d’une paroisse (école biblique, catéchisme, week-ends consistoriaux, « rassemblements jeunesse »), ouvrant vers une nouvelle étape. Envoyée au Congo-Brazzaville par le DEFAP, Salomé souligne cet itinéraire prévisible et imprévisible, agréable et nomade, renouvelé par les rencontres : J’ai toujours refusé d’utiliser l’expression de « partir en mission ». J’ai préféré « continuer ma route » vers une nouvelle destination : il ne s’agissait pas de quitter quelque part, mais d’aller découvrir autre chose.
Actuellement en année diaconale en Belgique, Jérémie a lui aussi été marqué par un faisceau d’événements : Rencontrer d’autres jeunes engagés dans l’Église m’a donné envie de m’impliquer à mon tour, reconnaît-il. Leurs champs d’activités étaient multiples, groupes de jeunes, participation musicale au cours des cultes, « équipe jeunesse régionale », volontaire pendant une année à Taizé, jeunes en année diaconale rencontrés lors du Grand KIFF… Ils m’ont permis de réaliser que je pouvais trouver un engagement à mon niveau. Sorte d’année sabbatique après la fin de ses études, cette période lui permet de rencontrer quantité de personnes, d’exploiter ses talents, tant au niveau des jeunes que des personnes âgées. En un mot, « il est gratifiant de se sentir utile ».
De son côté, Coralie se réjouit : Les rassemblements sont indéniablement un plus pour la « dynamique jeunesse », ils motivent, redonnent du courage à ceux qui se sentent seuls dans leur paroisse. Les jeunes semblent très touchés par le fait de pouvoir parler librement de leur foi loin de notre laïcité française si marquée. Pour elle aussi, ses engagements se sont inscrits dans la continuité de ce qu’elle avait vécu au sein de la paroisse et du scoutisme unioniste. Après avoir beaucoup reçu durant toute son enfance et son adolescence, elle a eu à cœur de se mobiliser à son tour pour continuer la transmission, rendre ce qu’elle avait reçu et qu’elle avait beaucoup apprécié. Elle s’est investie localement dans le cadre de l’Église, régionalement avec l’ »équipe jeunesse » de Centre-Alpes-Rhône et les Éclaireurs-Éclaireuses Unionistes de France. Puis, avec son mari, elle a eu envie de s’impliquer dans un projet plus universel. Ils sont ainsi tous deux partis à Madagascar durant l’année scolaire 2017-2018 sous l’égide du DEFAP.
Alors que la question de l’engagement se heurte à la peur de ne pas savoir faire, de ne pas avoir de temps, d’être trop pris par les études, tous témoignent des bienfaits de leurs expériences. Elles ont forgé leur personnalité, leur ont permis d’acquérir des compétences. Les Grands KIFFS en ont marqué un jalon. Pour la suite, ils espèrent d’autres camps, des liens plus étroits entre Église et EEUdF, d’autres volontaires et, pour Coralie, un investissement des jeunes dans la louange et la musique, même s’ils bousculent un peu les habitudes !
