Le pouvoir de la révolte

Depuis le 17 novembre, date de la première manifestation nationale, le mouvement des gilets jaunes n’a cessé d’inquiéter en haut lieu. Il semble que ce ne soit pas le nombre qui importe, mais la violence.

On se souvient des manifestations contre le projet de loi pour le mariage pour tous qui, rassemblant jusqu’à un million de personnes dans les rues de Paris, n’ont pas fait bouger le gouvernement d’un iota. En mai 2013, la loi permettant le mariage pour tous est promulguée malgré une contestation massive. En octobre de cette même année, le mouvement des bonnets rouges contre la création de portiques écotaxes conduit l’exécutif à annuler simplement et purement cette taxe. En Bretagne, les chauffeurs routiers vandalisent les portiques déjà installés ; ils sont 40 000 au plus fort des manifestations. Le gouvernement recule, l’écotaxe est annulée.

 

Reculade

 

Le 1er décembre dernier, le ministère de l’Intérieur comptait 136 000 gilets jaunes dans toute la France et 5 500 à Paris. Paris vit des scènes de violence inimaginables. À la suite de cette mobilisation, le gouvernement décrète un moratoire sur la taxe carbone. À la veille de la quatrième mobilisation, par peur des casseurs et pour éviter un nouvel impact sur le chiffre d’affaires du commerce, il annule la taxe. C’est triste, mais, on le constate, manifester pacifiquement avec des poussettes et des cannes ne sert pas à grand-chose, sinon à occuper les médias durant une journée.

 

Évidence

 

Certes, la non-violence est l’un des principes du christianisme et, en tant que chrétiens, on ne peut pas cautionner ces actes violents de dégradation et d’atteinte aux personnes. La non-violence a été entendue en son temps, mais aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence, pour qu’un gouvernement tienne compte de l’opinion publique, il faut casser, dégrader… Jésus n’a-t-il pas chassé les vendeurs du temple violemment ? Un coup d’éclat pour faire passer son message. Mais on le sait, les gilets jaunes ne sont pas violents, des casseurs ont envahi leurs rangs. On peut se dire (sans les soutenir aucunement) que, grâce à eux, le gouvernement a entendu les revendications des Français.

 

 

 

Les faits

 

Le mouvement des gilets jaunes, du nom des gilets de haute visibilité de couleur jaune portés par les manifestants, est un mouvement de protestation, non structuré, apparu en France en octobre 2018.

 

Au départ, centrée sur la hausse des prix du carburant automobile, la contestation s’élargit rapidement à d’autres revendications, portant sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires. Cette mobilisation trouve son origine dans la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels de citoyens à manifester. Présentée par les médias comme spontanée et apolitique, elle s’organise autour d’une première manifestation nationale le 17 novembre, qui se répète les samedis suivants. Des violences (commises par certains manifestants et des groupes extérieurs aux gilets jaunes) provoquent d’importants dégâts matériels, notamment à Paris, et conduisent à de nombreuses arrestations. Pendant les rassemblements, des personnes trouvent la mort et des centaines sont blessées. Les manifestants reçoivent le soutien de l’opinion publique. Initialement hostile à toute revendication du mouvement, l’exécutif annonce début décembre un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants, puis son retrait du projet de loi de finances.

 

 

 

#Actualité #Non-violence #Revendication #Violence

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