Comprendre les gros mots des théologiens….

Pour faire passer les gros mots des théologiens….

 

 

 

Finitude : caractéristique de ce qui est fini. Parmi les êtres et les choses finies, il y a l’être humain. Situé dans l’espace et dans le temps, vulnérable et mortel par nature. La quête d’infini se confond souvent avec un déni de finitude : « Manger du fruit de l’arbre du connaître bien et mal » en est la première manifestation, « ainsi vos yeux s’ouvriront, vous serez comme des dieux », dit le serpent (Gn3). La négation de la finitude recouvre une haine contre la condition humaine, contre soi-même ou contre l’autre (masochisme ou sadisme qui alternent dans l’histoire du monde).

 

 

 

Éternité : on devrait écrire le mot au pluriel, car la Bible parle le plus souvent des éternités. L’Éternité n’est donc pas l’extension infinie du temps qui passe (le temps linéaire). C’est bien plutôt un temps au cœur du temps. Un temps soustrait au temps, qui ne vaut pas par les secondes, minutes ou siècles écoulés, mais par le temps compris sous l’angle de la relation avec Dieu. L’Éternité, c’est le temps de la foi au cœur du temps chronologique.

 

 

 

La vie éternelle : ce n’est pas une vie naturelle après la mort (la survie d’une âme immortelle, par exemple). Ainsi le jeune homme riche demande quoi faire pour hériter de la vie éternelle. C’est plutôt, dès maintenant, au cœur de l’existence, une relation de confiance avec Dieu plus forte que ce qui nous tue. Plus forte que la mort. On peut l’entendre plus forte que la mort biologique : la personne meurt, mais pas la relation. On peut aussi l’entendre comme plus forte que ce qui nous tue de l’intérieur (mort psychique et/ou spirituelle)

 

 

 

Résurrection : on devrait dire relevailles, relèvement ou remise debout. C’est en effet ainsi que la Bible parle de ce que l’on a l’habitude d’appeler résurrection. Ce qui ne meurt pas ne peut pas ressusciter. Là encore, on peut l’entendre dès ici-bas ; tout ce qui permet à un sujet de revivre est résurrection. La parole de résurrection s’oppose à ce qui nous met à mort : la culpabilité, les dépendances (psychique, familiale, ethnique, culturelle, religieuse, politique, médicamenteuse), la tentation suicidaire sacrificielle (par exemple les terroristes kamikazes) …

 

 

Espérance : Espérer, ce n’est ni fantasmer, ni savoir. C’est faire confiance. On n’espère que ce qu’on ne voit pas, dit l’Épître aux Hébreux. L’espérance flirte souvent avec un déni de finitude : on imagine un au-delà qui nous affranchirait de la finitude. Ses descriptions sont ainsi le contraire de l’espérance. L’espérance, c’est ne rien savoir d’autre que Dieu, qui nous fait confiance et nous donne confiance.

 

 

 

Au-delà : dans l’espace et dans le temps… Ce peut être une négation de la finitude (voir ci-dessus) du monde et de la condition humaine. Une espèce d’échappatoire qui, au mieux, nous console en nous berçant d’illusions, au pire, rend cette vie ici-bas secondaire, comme si la vraie vie était au-delà de la vie ! Cependant, on peut aussi concevoir l’au-delà comme une altérité fondatrice : l’être humain n’est pas fondé sur lui-même, mais sur une parole autre que la sienne. Il est ainsi, ici-bas, au bénéfice d’un au-delà qu’on appelle la grâce. Parole première fondatrice, parole dernière abolissant toute condamnation, donnant à la vie humaine gratuité et liberté (Rm 8).

 

Didier Fiévet,

 

Directeur TO7.

 

 

 

 

 

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