Ce verset fait partie de ceux que l’on a communément en tête, souvent entendu lors de liturgie du repas de la Cène. Dans une paroisse où j’ai officié, un vitrail le représentait : le Christ était devant une porte, le bras levé, la main prête à effectuer le geste de toquer ou qui venait de l’avoir fait. La particularité de la porte était qu’elle n’avait pas de poignée extérieure. Jésus ne pouvait donc pas, quand bien même il l’aurait voulu, entrer de par lui-même : il était dépendant de l’action de qui pourrait ou voudrait bien l’entendre, derrière cette porte.
Le symbole est fort ! Mais faut-il encore qu’il y ait quelqu’un derrière la porte ! Je sais bien que le verset est spirituel, mais je ne peux m’empêcher de penser de façon toute pragmatique à nos portes de temple et à leurs poignées. En général, elles ont le bon aloi d’avoir deux poignées, mais les questions se pressent tout de même : y a- t-il encore des gens qui y toquent et qui espèrent qu’on leur ouvre ? Y a-t-il encore des gens qui tendent l’oreille et qui seraient prêts à ouvrir à qui toquerait à la porte ? Y a-t-il encore des gens prêts pour se rencontrer sans se connaître, pour manger les uns avec les autres, pour partager une table, un espace, des mots, une conversation, des questions, un chemin de foi, une humanité ?
Mais quelle idée vaine de se poser ces questions ! Car si nos portes ont bien deux poignées, pour entrer et sortir à toute guise, elles sont de toute façon fermées à clef, donc… Le Christ lui-même pourrait bien toquer autant qu’il veut, il devra se résoudre à aller souper ailleurs !

PS : ces derniers mois j’ai visité des églises et des cathédrales dans différentes villes. J’y ai toujours aussi trouvé les temples, mais baisser les poignées de porte n’a jamais suffi à me laisser entrer… Est-ce juste dommage, ou dommageable ?
