Une page se tourne à l’école protestante d’Endoume, dans le 7ᵉ arrondissement de Marseille. Après dix-huit années d’engagement, Aline Ducrot transmet le flambeau de l’éveil biblique à Nina Raoul-Duval. Pendant toutes ces années, ce sont près de 110 enfants de maternelle et de primaire qui ont bénéficié de cet espace unique de découverte, de questionnement et de liberté.
À l’écoute des enfants
Pour Aline, raconter les histoires de la Bible a toujours été une immense joie. Elle a beaucoup transmis et elle a beaucoup reçu des enfants. Toujours aller dans le sens de la vie et de l’amour : voilà le fil conducteur. Les questions des enfants résonnent encore. « C’est qui Luia ? », demandait un petit garçon de maternelle. Entre un « Alléluia » chanté les bras levés et un « Allez l’OM », il avait compris qu’on peut être supporter de Dieu ! Confidences, accompagnements, cultes célébrés, chants et musique partagés : tout cela a profondément nourri Aline et transformé sa foi.
Aline a grandi dans un village isolé des Hautes-Alpes, dans une vie rude et précaire. Elle a toujours cherché et senti la présence de Dieu. Elle était sensible à la poésie du récit de la Création et buttait sur l’abstraction des paraboles de Jésus. La beauté des chants des diaconesses de Reuilly, venues en retraite, lui a fait pressentir très tôt le lien profond entre musique et prière.
Arrivée à Marseille
C’est la rencontre avec le pasteur Francis Willm, pasteur de son enfance qui fait découvrir à Aline la joie, la simplicité et le feu brûlant de la foi. Week-ends et camps de jeunes suivront, ancrant une foi personnelle et profonde. Étudiante à Marseille, elle retrouve Francis Willm à la paroisse de Grignan. Les tournées de chants avec le groupe de jeunes Jizréel confirment l’importance de la musique dans l’Église. Aujourd’hui encore, guitare, clarinette ou hang résonnent dans les cultes qu’elle anime.
En 1986, l’arrivée de missionnaires luthériens finlandais à Marseille ouvre une nouvelle aventure. Aline s’y engage pleinement : ateliers bibliques pour les enfants, musique, arts plastiques, cours d’alphabétisation, accompagnement social, fêtes autour de la cuisine et des danses partagées… d’abord dans la cité de Bellevue puis rue d’Aubagne. Ces actions se poursuivent aujourd’hui au sein de l’association Marhaban, héritière de cette mission.
Accompagnement de migrants
Elle a aussi accompagné personnellement trois migrants devenus ses filleuls : des combats, des larmes, de longues attentes, mais surtout une immense admiration pour qui ils sont. Je connais Aline à travers cet engagement-là, à travers les cours de chant qu’elle m’a donnés, les week-ends familles organisés par Terre Nouvelle auxquels elle a participé. J’aime partager avec elle : Aline est douce, perspicace, pleine de bon sens. Et même lorsque les sujets sont lourds ou douloureux, on rit beaucoup. Cette capacité à tenir ensemble profondeur et légèreté dit quelque chose d’essentiel de qui elle est.
Installée depuis trois ans à Sanary-sur-Mer, Aline a de nombreux projets. Elle souhaite poursuivre le catéchisme dans sa paroisse en développant la méthode Godly Play, par exemple. Et elle dit aussi simplement qu’elle veut profiter de la beauté de ce nouveau cadre de vie, et surtout passer plus de temps avec sa famille, toutes générations confondues.
Aline Ducrot
