Le 2 juin 2026, à 20 h au Centre diocésain, l’AJC de Besançon réunira ses fidèles amis pour la traditionnelle soirée « Psaumes ».
La chorale orthodoxe
© Emmanuel Eme
Cette idée de rassembler nos diverses traditions (catholique, protestante, orthodoxe, juive et maintenant syriaque-chaldéenne) autour du « chant » (ou de la récitation cantillée) de quelques psaumes, prière de l’Ancien Testament par excellence, date déjà de quelques années. Elle vise à donner son plein sens spirituel à une forme de prière partagée avec ces textes majeurs que nous avons en commun. Elle s’inscrit dans la volonté de développer une plus grande compréhension et donc une amitié respectueuse entre nous, pour lutter contre les méfaits toujours trop vivants de l’antisémitisme.
Chacune de nos traditions a historiquement pu « adapter » les textes de ces psaumes, et les mettre en musique de façon particulière.
© Emmanuel Eme
La chorale protestante
C’est singulièrement le cas de la tradition protestante réformée qui dès le XVIe siècle a introduit de façon systématique le chant d’assemblée lors des cultes dominicaux et a fait appel à de grands poètes, comme Clément Marot ou Théodore de Bèze, pour en rendre tout l’éclat et la force en langue commune versifiée, aboutissant à la création du Psautier de Genève.
Chez nos frères orthodoxes, les Psaumes sont regroupés dans divers psautiers (constantinopolitain, palestinien, …) fondés sur les textes de la Septante (traduction intégrale de la Bible hébraïque en grec au IIIe et IIe siècles avant J.-C.). Ils sont le plus souvent lus ou antiphonés lors des célébrations quotidiennes (matines, vêpres…).
© Emmanuel Eme
Marc Daharen en train de cantiller
Dans la tradition juive, les Psaumes (150) sont réunis dans Le Livre des Psaumes (ou Livre des Louanges, « Séfèr Ha Téhilim » en hébreu), divisé en cinq parties comme la Torah. À l’origine chantés dans l’enceinte du Temple de Jérusalem par les lévites, explorant les différentes expériences que l’homme fait avec l’Éternel, ils jouent encore un rôle majeur dans la liturgie juive. Ils peuvent être chantés par le Hazan (chantre) ou cantillés en assemblée. Beaucoup d’entre eux sont attribués au roi David. Ils sont devenus des prières individuelles ou collectives en tant qu’expression traditionnelle de la louange à l’Éternel pour sa puissance et sa bienfaisance, pour la Création du monde et pour ses actes passés pour la délivrance d’Israël.
Partager chaque année ce temps de prières et de chant autour de quelques psaumes choisis en commun est une véritable expérience fondatrice de l’attention fraternelle portée au dialogue interreligieux par l’AJC.
© Emmanuel Eme
La chorale catholique
L’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) est une association nationale créée en 1948 à Paris par un petit groupe de protestants, de catholiques, d’orthodoxes et de juifs avec pour but : œuvrer pour la connaissance, la compréhension, le respect et l’amitié mutuels, réparer les iniquités du passé à l’égard des juifs et lutter contre l’antisémitisme et l’antijudaïsme, tout en excluant tout prosélytisme et tout syncrétisme. Dès 1946, l’historien Jules Isaac, avait en effet dénoncé, dans son livre Jésus et Israël, l’enseignement du mépris dont le judaïsme souffrait depuis des siècles de la part du christianisme. Invitant alors à un enseignement de l’estime, il avait fait 18 propositions, reprises en 1947 à Seelisberg, en Suisse. Pour les chrétiens, d’importants devoirs en résultaient dans leur attitude à l’égard des juifs, que l’AJCF s’efforce de garder vivants. Le groupe AJC de Besançon fait localement vivre cet engagement de dialogue interreligieux entre juifs et chrétiens à travers des soirées mensuelles, dont celle des Psaumes.
