Réveil : Comment vous est venue cette idée d’exposition et dans quel but l’avez-vous envisagée, l’un et l’autre ?
Maryvonne Bonjour : Nous avions organisé l’année dernière une semaine « Happy Bach » et j’avais à cœur de refaire un événement pour ce temps de Carême, mais qui prendrait moins d’énergie que de mettre sur pied cette série de concerts et, comme un collectif de photographes se réunissait dans nos locaux, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de faire appel à eux. Ce serait une occasion, pour nous et pour eux, d’avoir un peu plus de visibilité.
Denis Ortis : De notre côté, nous avons accueilli la proposition de Maryvonne d’exposer dans un lieu de culte de façon plutôt mitigée. Certains membres du collectif étaient réticents à utiliser des locaux appartenant à une association cultuelle. Cette divergence s’était déjà manifestée au moment de choisir notre lieu de réunion. Certains avaient craint de se faire étiqueter, voire récupérer dans un mouvement religieux. Ça m’avait surpris et j’avais dû rassurer tout le monde. Cette crainte a resurgi au moment de décider de l’exposition.
MB : J’aurais souhaité que l’exposition déborde du hall dans la salle de culte, mais la réticence a été trop forte chez les exposants. Je trouve ça un peu dommage. Mais il demeure chez beaucoup une vision sacrée des lieux.
Réveil : Comment s’est faite la rencontre ?
DO : Maryvonne et moi travaillions ensemble, dans la même administration et, comme j’ai fondé le collectif peu avant de prendre ma retraite, elle a suivi un peu mes différentes expositions.
MB : j’ai tout de suite apprécié le travail de Denis et j’ai été ravi de lui proposer le temple lorsqu’il m’a dit qu’il cherchait un lieu de réunion. Je perçois dans les œuvres du collectif, même s’il n’est en rien lié à la foi chrétienne – je dis ça sans rien présumer de l’intériorité de chacun des membres – une dimension spirituelle, au sens large du terme. Il me semblait que cela avait tout à fait un une place dans notre temps de Carême.
DO : Certains photographes ont accepté d’expliquer non pas leur œuvre, mais la perspective dans laquelle ils ont travaillé, mais cela reste succinct, en deçà de ce qu’aurait souhaité Maryvonne.
MB : D’autre part, nous n’avons jamais caché que c’est une façon de faire venir des gens dans le temple pour faire connaître notre existence. À cette fin, nous avons organisé durant le
temps de l’exposition trois concerts : un groupe de rock pour le vernissage, un cocktail baroque avec le conservatoire à peu près au milieu (jeudi 19 mars à 18 h 30) et une chorale, le samedi 11 avril à 17 h, pour le « finissage » de l’exposition.
Réveil : Au moment où nous nous rencontrons le vernissage a déjà eu lieu, a-t-il rencontré le succès ?
MB : On estime qu’il y a eu une centaine de visiteurs pour ce moment. Ma déception est que j’y ai vu peu de membres de la paroisse. Je me console en me disant qu’ils ont préféré regarder les photos au calme, à la sortie du culte ou lors d’une autre activité au temple.
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L’exposition photos « Regards » dans le hall du temple d’Annecy, à découvrir jusqu’au 11 avril
