À l’occasion de cet anniversaire, le conseil régional de l’inspection luthérienne de Paris a souhaité recueillir le témoignage d’une personne engagée, avec sa sensibilité luthérienne, dans son quotidien professionnel. Très naturellement est venu à l’esprit le nom de Corinne Gibello-Bernette, membre adjointe du bureau de la Société de l’histoire du protestantisme français (SHPF) et vice-présidente de la commission bibliothèque. Elle a contribué activement, avec la pasteure Eva Guigo-Patzelt, Catherine et Bertrand Dupré, à l’entrée des archives de l’Inspection luthérienne de Paris dans les collections de la SHPF.
Comment êtes-vous arrivée à la Société de l’histoire du protestantisme français ? Y a-t-il eu une sorte de « parcours de foi », un fil rouge ?
Marianne Carbonnier-Burkard, dont j’avais fait la connaissance grâce à notre ami commun, le pasteur Jacques-Noël Pérès, lors d’un synode régional commun luthérien et réformé à Dourdan, avait suggéré mon nom lors d’un comité de la SHPF. Il s’agissait alors de faire entrer comme nouveau membre au sein du comité une femme, de moins de 50 ans et luthérienne. Je cochais ces trois cases !
Bibliothécaire et archiviste de formation, j’ai ainsi rejoint la Société, sachant qu’elle regroupe bon nombre d’archivistes en son sein. Les membres fréquentent bien sûr la bibliothèque, mais ils ne constituent pas son seul public : elle est ouverte et accessible à toute personne s’intéressant à l’histoire du protestantisme français. Il faut toutefois reconnaître que nos paroissiens réformés et luthériens fréquentent peu la Bibliothèque du protestantisme français, que ce soit pour la simple lecture, une recherche précise ou les conférences et expositions qui y sont organisées.
Oui, me concernant, il y a un parcours de foi, complémentaire de celui que je vis à Saint-Jean. L’un ne va pas sans l’autre. Nous nous inscrivons dans une histoire, celle d’un protestantisme français pluriel. Nous gagnerions à puiser dans le vécu de nos prédécesseurs pour consolider l’édifice de l’Église protestante unie de France, avec nos sensibilités respectives réformées et luthériennes.
C’est avec cette continuité toujours à l’esprit que j’ai souhaité contribuer à la sécurisation de nos archives luthériennes, fort heureusement déjà initiée et entretenue par Catherine Dupré, que je tiens à remercier chaleureusement : pendant de très nombreuses années, elle a été – et demeure – la gardienne de la mémoire luthérienne parisienne.
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En 2026 sera célébré le 400ᵉ anniversaire du premier culte luthérien à Paris (1626). Comment voyez-vous le rôle de la SHPF lors de cet événement, dont le point d’orgue aura lieu le premier dimanche de l’Avent 2026 ?
La Bibliothèque du protestantisme français est un bel écrin pour accueillir expositions et conférences. Nous prévoyons d’ores et déjà de nous associer aux célébrations envisagées, notamment par le biais d’une exposition retraçant l’histoire des luthériens parisiens, à partir des archives de l’inspection luthérienne de Paris et de l’ensemble des collections de la SHPF.
