Les chiffres sont sans ambiguïté. Entre 2023 et 2025, sept départs pastoraux ont eu lieu, pour seulement trois arrivées de proposantes. L’effectif actuel est de 17 pasteurs. Or, les projections annoncent une baisse continue : en 2026, trois départs à la retraite ; en 2027, deux fins de mandat et deux fins de proposanat ; en 2028, trois départs à la retraite, une fin de mandat d’inspecteur et deux autres fins de mandat. À cette diminution des effectifs s’ajoute une fragilité financière croissante. Les déficits annuels se poursuivent et épuisent les réserves régionales. Lors du synode de novembre dernier, la proposition d’augmenter les contributions des paroisses locales n’a pas obtenu la majorité des voix. Dans ce contexte, le conseil régional, les consistoires et les conseils presbytéraux doivent concevoir ensemble une nouvelle organisation.
La projection des postes pourvus par consistoire rend la situation très concrète. En 2026, 16,5 postes seraient financés dans la région (dont celui de l’inspecteur ecclésiastique). Ils ne seraient plus que 13,5 en 2027, puis douze en 2028. En 2028, ces douze postes se répartiraient ainsi : trois en Bourgogne-Franche-Comté, trois en Vosges-Lorraine et cinq dans l’aire urbaine du Pays de Montbéliard, auxquels s’ajoute le poste d’inspecteur ecclésiastique. Il devient donc indispensable de repenser la mission pastorale et l’organisation consistoriale. Il est urgent de concevoir de nouveaux projets pour faire vivre notre Église dans la joie de l’annonce de l’Évangile.
Dans ce contexte une rencontre avec le consistoire Bourgogne–Franche-Comté s’est tenue le samedi 21 février dernier, dans les locaux de l’Église locale de Dijon. Les objectifs sont clairs : comprendre les conséquences de ces évolutions pour les Églises locales et pour la région unie ; envisager des mutualisations territoriales dans tous les domaines ; formuler des hypothèses de répartition des postes ; et dégager des orientations à transmettre au conseil régional. Celles-ci seront retravaillées plus largement lors de la journée des conseillers presbytéraux du 30 mai 2026, en vue de décisions au synode régional de novembre 2026.
Les échanges ont révélé l’attention soutenue et l’implication active des membres du consistoire Bourgogne–Franche-Comté face aux défis régionaux. Comment articuler l’ancien et le nouveau ? L’exercice est quelque peu inédit. Faut-il abandonner certaines certitudes ? Comment ouvrir un nouveau chapitre ? Beaucoup ont souligné la difficulté de sortir de nos habitudes, tout en reconnaissant qu’il s’agit peut-être d’un passage nécessaire. Repenser notre organisation n’est plus une option. Adapter nos structures à nos moyens devient un impératif. Répartir différemment les postes, mutualiser des charges pastorales, imaginer des ministères partagés : ces pistes demandent courage et confiance. Le ministère de diacre, en réflexion au sein de l’Église protestante unie de France, sera proposé en 2027. D’ici là, il nous faut redécouvrir la richesse du sacerdoce universel : reconnaître les dons que Dieu confie à chacun pour l’édification commune.
Notre question est plus spirituelle qu’organisationnelle : comment rassembler nos fidèles et accueillir de nouveaux membres ? Comment faire fructifier les dons qui nous portent ? Nous recentrer sur notre mission plutôt que conserver des structures pour elles-mêmes : annoncer l’Évangile, célébrer le culte, accompagner, former et servir. La rencontre du 21 février ouvre un chemin qui évoluera jusqu’au prochain synode. Dans la tradition réformée, l’Église se réforme sans cesse, non pour se réinventer selon l’air du temps, mais pour demeurer fidèle à Celui qui l’appelle.
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