Le foyer protestant, acteur de l’insertion

Dans le Tarn, cette institution favorise l’intégration sociale et professionnelle des jeunes depuis ses origines. Elle a mené pour cela des initiatives aussi solidaires qu’efficaces.

Le Foyer protestant de Castres est né en 1840, dans la grande période des œuvres du christianisme social, à l’initiative du consistoire du Tarn. À l’origine, sa mission consistait à accueillir les jeunes orphelins protestants. Leur pension était financée par les paroisses du Sud. Autour de Castres se trouvait un tissu économique propice à leur insertion professionnelle : des entreprises, des artisans, notamment dans le textile, les accueillaient en formation avant de les embaucher, tandis qu’en amont, le Foyer assurait leur éducation jusqu’au certificat d’études et les accompagnait jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes. 

 

Près de deux siècles plus tard, cette mission est toujours la nôtre. Elle fait partie de l’ADN du Foyer protestant. Aujourd’hui, nous sommes une association type loi 1901, reconnue d’utilité publique. Bien sûr, nous nous sommes adaptés aux évolutions des besoins. Le Foyer ne se charge plus de la scolarité des jeunes, assurée par l’Éducation nationale, mais travaille à leur intégration sociale et professionnelle. Dans les années 1970, nous avons construit un foyer pour les jeunes travailleurs (l’un des tout premiers), tandis que l’orphelinat est devenu une Maison d’enfants à caractère social (Mecs), où nous accueillons des enfants placés suite à une décision judiciaire, mais aussi de plus en plus de mineurs non accompagnés (une soixantaine), qui arrivent de différents pays. Ce sont des jeunes qui ont vécu des choses très dures et ont fui des persécutions politiques ou des conflits armés.

 

© Tobi Oshinnaike/Unsplash 

 

Les mineurs isolés accueillis dans le Tarn arrivent principalement de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire. Ils s’orientent vers les métiers de la restauration afin d’obtenir un permis de séjour et de rester en France 

 

 

 

Lever les obstacles

 

Accompagner les jeunes vers l’insertion, c’est d’abord identifier ce qui peut les freiner. L’obstacle majeur reste évidemment celui de la mobilité. Comme dans la plupart des territoires ruraux, il y a très peu de transports en commun dans le Tarn. Nous louons aux jeunes des trottinettes, des vélos, des voitures avec ou sans permis, pour une caution qui reste symbolique parce qu’elle cherche surtout à les rendre responsables de ce qu’ils empruntent et à les sensibiliser au fait que rien n’est jamais vraiment gratuit. Mais surtout, dans les années 1980, nous avons fait partie des premiers à créer une auto-école associative : passer le permis y coûte beaucoup moins cher car nous ne cherchons pas à faire de bénéfices, et aussi parce qu’il n’y a aucune contrainte de temps. Que le jeune mette six mois ou deux ans à passer son permis, le coût reste le même. 

 

Alors qu’avant la crise du Covid les jeunes s’orientaient vers tous les corps de métiers, la plupart des mineurs non accompagnés souhaitent désormais exercer les métiers que beaucoup de gens ont abandonné après le confinement, en particulier ceux de la restauration, du service en salle. Le manque de main-d’œuvre dans ce secteur constitue pour eux une opportunité d’obtenir du travail, et donc un permis de séjour. Le taux de placement dans l’emploi atteint chez ce public 95 %. Il est beaucoup plus difficile d’intégrer les enfants placés, qui souvent ont peu de repères et très peu de motivation. 

 

Notre conseil d’administration est uniquement composé de protestants et nous tenons à conserver notre nom, même si nos financements sont entièrement publics : c’est une part de notre histoire, le signe de notre affiliation au christianisme social toujours présent dans nos actions. 

#Castres #Sud-Ouest #Tarn
#Actualité #En région #Jeunes

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Tarn : Mieux connaître le protestantisme tarnais
Castres
Tarn : Mieux connaître le protestantisme tarnais
Créée en 2017, la Société d’Histoire du protestantisme tarnais (S.H.P.T.) a organisé sa première journée d’étude à Castres le 2 février dernier sur le thème Le protestantisme et la société civile dans le Tarn au 19e et 20e siècles.
La Société biblique de Castres
Castres
La Société biblique de Castres
Au sein des archives de l’Église protestante unie de Castres se trouve le « Registre des délibérations du Comité de la Société biblique de Castres (1823-1853) ». Les statuts précisent que « cette société a pour unique but de répandre parmi les chrétiens protestants les Saintes Écritures, sans notes ni commentaires, dans les versions reçues et en usage dans les Églises ».
Feuilletez Le Ralliement du mois de juillet-août 2026
Alsace-Moselle
Feuilletez Le Ralliement du mois de juillet-août 2026
Le Ralliement Protestant est le mensuel édité par le Consistoire Réformé de Mulhouse. Découvrez le numéro de juillet-août 2026.
À La Force, la Fondation John-Bost poursuit le chemin initié par son fondateur
La Force
À La Force, la Fondation John-Bost poursuit le chemin initié par son fondateur
La Fondation John Bost accompagne toute personne en situation de handicap, sans distinction, en lui offrant des lieux de vie, de soin et de sens.
À Fontrieu, le Musée du protestantisme de la Réforme à la laïcité
Fontrieu
À Fontrieu, le Musée du protestantisme de la Réforme à la laïcité
Fondé en 1968, « musée de France » depuis 2003, le musée de Ferrières est le premier en France consacré au fait religieux et à la laïcité à partir de l’histoire du protestantisme français.
Au Carla-Bayle, l’éclat d’une enfant du pays
Ariège
Au Carla-Bayle, l’éclat d’une enfant du pays
À une heure de Toulouse, en Ariège, ne manquez pas de faire étape au Carla-Bayle, village dont le nom rend hommage au philosophe Pierre Bayle (1674-1701), qui y est né.
À Nérac, le souvenir d’une cour d’exception
Sud-Ouest
À Nérac, le souvenir d’une cour d’exception
Inscrit aux monuments historiques, le château de Nérac fut édifié au XVe siècle à l’initiative d’Alain d’Albret, grand-père de Jeanne d’Albret.
À Pau et à Orthez, sur les pas de Jeanne d’Albret et Henri IV
Orthez
À Pau et à Orthez, sur les pas de Jeanne d’Albret et Henri IV
Monument incontournable dans le Sud-Ouest, le château de Pau a connu plusieurs transformations au fil du temps.
Patrimoine vivant : des œuvres, des temples, des communautés
Paris
Patrimoine vivant : des œuvres, des temples, des communautés
Le patrimoine protestant ne se limite pas aux temples anciens. Il se prolonge dans les œuvres sociales, les lieux récents et les communautés qui continuent de faire vivre la région.