Ces réseaux, souvent pilotés par des « influenceurs », visent à connecter sur Internet des personnes qui ne se connaissent pas, partager de l’information, et faciliter les interactions sociales. S’il est des influenceurs honorables, capables de jouer un rôle positif d’information ou de soutien à certaines causes, d’autres cherchent à acquérir l’audience la plus vaste auprès d’un troupeau de « followers » dont ces marchands d’opinion tirent parfois de juteux bénéfices. Leur but est de peser sur leurs opinions, leurs comportements d’achat et leurs tendances.
Parmi ces tendances que certains diffusent aujourd’hui sur les réseaux, il en est une qui commence à prendre de l’ampleur, particulièrement dans la jeunesse : le masculinisme. En marge des formes paisibles et modérées de ce mouvement, certaines versions se distinguent par leur radicalité toxique : il s’agirait de redonner aux hommes la fierté de leur virilité, de leur supériorité sur les faibles, les soumis et… les femmes. C’est la quête du « mâle alpha », un imaginaire qui fascine les adeptes de baston, de corps musclés et de conquêtes féminines : pour eux la phallocratie doit éliminer la « gynocratie », péril de plus en plus répandu à leurs yeux.
Ce mouvement est apparu il y a quelques dizaines d’années, d’abord dans les pays anglo-saxons, en opposition aux progrès du féminisme qui victimiserait les hommes. Serait-il une forme dévoyée du patriarcat ? Après les sociétés très anciennes, qu’on suppose matrilinéaires, l’organisation agricole et l’augmentation des richesses auraient favorisé la domination masculine. Entre l’usage supportable et l’abus, il n’y a parfois qu’un pas…
Souvenons-nous qu’au Moyen Âge, même si le statut de la femme la soumet à l’homme, elle joue un rôle majeur dans l’esprit courtois ; et n’oublions pas la place que Jésus accordait aux femmes, ainsi que le rôle central qu’elles jouent dans le récit de la résurrection. Alors nous les hommes, cessons de sombrer dans le narcissisme et l’esprit de domination : l’humanité ne peut pas se construire à moitié.
