Dès l’automne 2023, les responsables religieux de Toulon se sont contactés pour donner la parole à la paix. La guerre en Ukraine durait déjà depuis plus d’un an, qui creusait un fossé entre deux communautés orthodoxes. Une terrible tragédie venait de frapper Israël, suivie de bombardements meurtriers dans la bande de Gaza. La première veillée pour la paix fut célébrée à la chapelle mariste, sans la communauté juive, mais avec la participation d’orthodoxes russes et de musulmans. Nous étions une cinquantaine de personnes, à chanter en agitant des rameaux d’oliviers.
L’année suivante, la veillée fut célébrée au temple protestant, et l’audience fut doublée. Pour donner plus d’ampleur à cette troisième édition, nous avons décidé de la tenir à l’extérieur. La municipalité a installé pour nous une estrade et une sono sur une jolie placette de la basse ville, la place Vatel.
Une ambiance joyeusement cosmopolite
Cette marche avait pour but de rassembler des personnes de tous horizons unis par une même volonté : promouvoir la paix, la solidarité et le respect entre les peuples, essayer de sensibiliser la société à l’importance du dialogue et de la tolérance pour construire un avenir harmonieux. Nous avons été entendus par environ 200 personnes, venues écouter des textes et poèmes parlant d’unité, de solidarité et d’espoir. Elles les ont entendus dans une ambiance joyeusement cosmopolite, ponctuée par des chants de paix dans des langues aussi inattendues que le vietnamien et le zoulou, ou encore l’arabe libanais. À leur arrivée, nous leur avons donné un rameau d’olivier et une colombe en papier sur laquelle ils étaient invités à écrire un mot, une phrase. Ils ont été lus pendant le verre de l’amitié qui a clôturé l’évènement.
Pour donner plus de force aux textes et poèmes, ils ont à chaque fois été lus à deux voix : un musulman, un juif ; un catholique, un protestant ; un homme, une femme ; et le poème du pope russe a été lu par son homologue ukrainien, alors qu’il y a deux ans, ils ne s’adressaient pas la parole ! Cette soirée peut sembler être une douce utopie, mais si les religions ne parlent pas de paix, qui va le faire ?
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La veillée pour la paix sur la place Vatel, à Toulon
Le message de Silvia ILL, pasteure de l’EPU de Toulon
Texte lu au cours de la veillée, avec le père mariste Constant Amoussouga
La paix n’est pas la tranquillité / la paix est le lieu de la confiance / si nous cherchons à construire la paix, construisons résolument des liens de confiance / ici et maintenant, demain, autour de nous, dans nos lieux de vie et de travail, dans la cité / la paix, c’est une dynamique, un chemin perpétuel : c’est écouter l’autre, chercher les mots et les gestes qui apaisent, qui encouragent, qui donnent confiance / être intranquille pour construire la paix signifie aussi nommer les divergences, les responsabilités, exprimer une critique, oser la sincérité / construire la paix ensemble, c’est se risquer dans la confiance / dans la bienveillance : bien-veillance / veillons ensemble au bien / soyons intranquilles pour la paix comme le dit l’apôtre Paul : / « Ne te laisse pas vaincre par le mal, / Mais sois vainqueur du mal par le bien. » (Rm 12.21).
