Nos rêves ont-ils une âme ?

En plein chaos, l’homme de Dieu voit ce que nous ne voyons pas : « Il essuiera toute larme de leurs yeux. Il n’y aura plus de mort, plus de deuil, plus de douleur », dit l’Apocalypse.

Nous, le nez dans nos vies cabossées, ne voyons que l’ancien monde qui s’effrite. Lui aperçoit une nouvelle naissance cosmique : « Maintenant, je fais toutes choses nouvelles. » C’est ça, l’utopie : imaginer un avenir qui n’existe que dans nos désirs. Toutes nos utopies naissent d’une souffrance, d’un manque. Cette soif fait naître le rêve d’un monde meilleur.

 

Il y a les utopies juridiques : « Il rendra justice aux défavorisés » (Ésaïe 11).

 

Il y a les utopies sociales : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués » (Mt 11).

 

Mais attention au syndrome de Pinocchio ! Gepetto sculpte sa marionnette dans une bûche, projette dessus tous ses rêves. Mais c’est du bois ! Nos utopies risquent le même sort : naïves, figées, indifférentes au réel. Nous prenons nos rêves pour des réalités, nos projections pour des révélations.

 

À moins que cette marionnette ne reçoive vie. À moins qu’elle ne soit transformée par grâce en quelqu’un de vivant. Je crois que c’est possible. La source qui peut donner vie à nos rêves tient dans cette parole de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » L’amour est une puissance collective. Il unit et crée une communion. C’est la seule force capable d’unifier ce qui est séparé, de rendre vivant ce qui va mourir. Seuls, on ne peut rien changer et on se décourage. Ensemble, unis par l’amour, on déplace des montagnes. Voilà pourquoi ce que dit Jésus est un commandement nouveau. La puissance d’aimer transforme le monde, rend vivantes nos utopies. C’est alors que, par grâce, nos rêves sculptés par nos insatisfactions prennent vie. Dans notre région parisienne où tant de solitudes se côtoient, nous avons une mission. Être ces témoins de la vie nouvelle qui jaillit quand l’Évangile féconde nos rêves.

 

Nos utopies ne sont pas que du vent. Mais pour qu’elles prennent vie, il leur faut l’amour. Cet amour qui transforme nos projections solitaires en communion vivante.

 

Alors, oui, nos rêves ont une âme. Elle s’appelle l’amour du Christ. Et c’est lui qui les fait passer de l’utopie au Royaume.

 

Afin de visualiser les vidéos il est nécessaire d’accepter les cookies de type analytics

 

 

Sommaire de Paroles Protestantes Paris, nº497, juillet-août 2025

 

S’abonner à Paroles Protestantes Paris

 

 

 

 

 

#Région parisienne
#Actualité #éditorial #En région #Vidéos

Soutenez la presse et l'édition protestante

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Double action de Carême 2026
Région parisienne
Double action de Carême 2026
Comme chaque année, l’Entraide luthérienne à Paris nous invite, durant le temps du carême, à soutenir deux actions de présence chrétienne au cœur des blessures de notre monde : au près, le réaménagement de chambres d’hébergement d’urgence du Casp ; au loin, le soutien à l’hôpital anglican Al-Ahli à Gaza. Ces réalités, que l’actualité nous rappelle, nous touchent et nous appellent à les confier au regard bienveillant de Dieu.
Du synode aux décisions : le conseil régional à l’ouvrage
Région parisienne
Du synode aux décisions : le conseil régional à l’ouvrage
Le 17 janvier, le conseil régional s’est réuni… et, le même jour, les services régionaux étaient rassemblés. Deux mois après le synode régional de Dourdan (21-23 novembre 2025), on a vu le passage du « cap » au concret : un poste qui s’ouvre, des chiffres qui obligent, un cadre commun qui se précise.
Le Paris protestant aux rencontres européennes de Taizé
Région parisienne
Le Paris protestant aux rencontres européennes de Taizé
Pour le Nouvel An, près de 10 000 jeunes ont convergé de toute l’Europe vers Paris à l’invitation de la communauté de Taizé. Les Églises chrétiennes de toutes confessions les ont accueillis. Côté protestant, des ateliers ont eu lieu dans les temples réformés de l’Étoile, de Pentemont-Luxembourg, de Montparnassse-Plaisance, du Marais, du Saint-Esprit et chez les diaconesses de Reuilly. Le soir, les participants étaient réunis à l’Arena de Bercy. En plus des chants de Taizé dans toutes les langues, le livret contenait le Psaume 92 « Oh que c’est chose belle… », qui a été entonné avec de drôles d’accents !
Quand la savane est en feu
Région parisienne
Quand la savane est en feu
Le brouhaha devient insupportable. Tout le monde commente tout, tout le temps. Chaînes d’information continu, « ragots asociaux », politiques, on réagit avant d’avoir compris, on parle avant d’avoir écouté. Mais qui écoute vraiment ?
À la rencontre, redécouvrir Dorothée Sölle, mystique engagée
Région parisienne
À la rencontre, redécouvrir Dorothée Sölle, mystique engagée
Écho de la première conférence de la série « Penseuses protestantes pour agir aujourd’hui » (15 janvier), consacrée à « Dorothee Sölle, théologienne allemande, mystique engagée au cœur du monde », par la pasteure Géraldine Walter.
Synode de l’inspection luthérienne : deux jours de travaux et de liens noués
Région parisienne
Synode de l’inspection luthérienne : deux jours de travaux et de liens noués
Pendant trois jours, la région parisienne de l’Église protestante unie a vécu ce que notre tradition appelle un synode : un lieu où l’on écoute, on débat, on confronte des visions…
Des vœux à la veille
Région parisienne
Des vœux à la veille
« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mt 25.13).
Le weekend connexions 2025
Région parisienne
Le weekend connexions 2025
Près d’une centaine de jeunes se sont retrouvés pour deux jours intenses de rencontres, de jeux, de musique et de prière. Dans une énergie joyeuse et fraternelle, ils ont découvert une foi vivante qui rassemble, inspire et donne envie de s’engager.
Synode régional 2025 : comment notre Église décide, se transforme… et élargit sa tente
Région parisienne
Synode régional 2025 : comment notre Église décide, se transforme… et élargit sa tente
Pendant trois jours, la région parisienne de l’Église protestante unie a vécu ce que notre tradition appelle un synode : un lieu où l’on écoute, on débat, on confronte des visions… puis on décide ensemble. Ce n’est pas parfait. Ce n’est pas toujours simple. Mais c’est une manière singulière d’être Église : affronter les tensions au lieu de les cacher, pour avancer malgré tout dans une communion choisie.