Comment vivre en Eglise aujourd’hui?

« Notre Église meurt par manque de foi ! » Lancé par un synodal, ce cri a conduit les délégués du Sud-Ouest à la réflexion synodale de 2024.

Le travail des délégués synodaux désignés dans les paroisses nous engage tous. Trois questions leur ont été posées : Quelles sont nos richesses, que vivons-nous de bon et de beau dans nos Églises locales? Quelles priorités pour nos Églises du fait des pénuries (pasteurs, engagement des paroissiens) ? Comment avancer autrement en mutualisant nos richesses ? Et ce fut, dans tous les groupes, un véritable enthousiasme à parler de sa paroisse, avec abondance d’expériences rapportées par les délégués synodaux concernant leur Église locale, une vraie joie de partager cela avec les autres. Pour certains qui expérimentaient de nouvelles choses, le groupe est devenu force d’idées, avec échange de coordonnées.

 

Les manques évoqués l’ont été non pour se plaindre mais pour montrer comment ils ont été utilisés de façon positive. Une paroisse a ainsi choisi de poursuivre après le Covid la diffusion des cultes vidéo pour rester accessible au plus grand nombre. Une autre paroisse sans pasteur a redéfini clairement ses priorités : cela a permis de fédérer le peu d’actifs heureux de s’engager. Une autre encore, devenue ecclésiole, se trouve libérée de la lourdeur administrative d’une association cultuelle. Des synodaux sont allés plus loin en témoignant de regroupements de paroisses vécus comme une richesse : travailler ensemble, découvrir ce que font les autres et mutualiser les forces.

 

Plutôt que de se focaliser sur des activités choisies comme essentielles, il semble prioritaire aux Églises de se rendre visibles et de se faire connaître. Le corollaire en est la recherche d’ouverture du temple comme de la communauté, pour rayonner et aller vers les autres, dans la cité. Et pour ceux qui viennent à nous, dans nos Églises, s’intéresser à leur vie avant de chercher à les intéresser à la nôtre.

 

Conclusion des synodaux
Avant tout, nous devons « être », oser dire le sens de notre foi, être témoins de l’accueil inconditionnel de Dieu, et faire en sorte que toutes nos rencontres en Église soient des fêtes joyeuses et porteuses d’espérance. Soyons des semeurs de graines ! Cela suppose de se réjouir de ce qui fonctionne déjà, en valorisant l’amour plus que la question financière, en ayant confiance dans le lien de solidarité avec notre union d’Églises, pour demander de l’aide lorsque cela est nécessaire. Non, nous ne sommes pas seuls.

 

Faire autrement, c’est, d’abord, permettre à chacun de nous rejoindre d’où qu’il vienne, quel qu’il soit, à son rythme : commencer les cultes sur le parvis du temple, proposer une étude biblique avant le culte, organiser une marche méditative et la filmer pour pouvoir diffuser ensuite la vidéo pour donner envie. L’Église est dans le monde actuel. Faire autrement, c’est aussi prendre en compte cette tension entre les mots/les maux contemporains et la possibilité d’être le lieu d’une pause, d’une écoute, et d’un apaisement.

 

Les expériences vécues ou envisagées ont mis en évidence le désir de retrouver ce qui nous est essentiel : la joie d’être ensemble et de partager l’Espérance. La priorité est de changer notre regard sur notre Église, sur notre mission. Cette dimension spirituelle permet d’oser de nouveaux projets pour passer d’une Église invisible à une Église visible: « rendre visible ce qui se vit ». Comme l’a dit un synodal :

 

« On était morts ? Notre projet d’Église nous ressuscite ! »

 

 

 

 

 

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