La fascination de l’or

Quoi de moins protestant que l’attrait irrésistible de l’or ? C’est pourtant un sentiment universel qui se retrouve partout dans le monde à l’égard de ce métal jaune, brillant et inaltérable. Voyage en Orient en suivant le fil.

Rare et précieux, l’or a toujours été réservé aux plus hautes classes de la société, aussi bien temporelle que spirituelle. Le musée du Quai Branly ouvre ses portes non pas aux bijoux ou sculptures, mais uniquement aux vêtements et tissus mêlés de fil d’or, venus de l’Orient proche et lointain. C’est l’occasion d’admirer les extraordinaires créations artistiques exposées qui devaient transformer les destinataires en divinités vivantes.

 

 

Une histoire millénaire

 

Facile à travailler, l’or est utilisé pour embellir les tissus depuis la plus haute Antiquité. Dès le cinquième millénaire avant notre ère, on en trouve des traces, surtout dans des tombes. En Orient, les hommes savent marier les fibres textiles comme la soie ou le lin avec des fils d’or. Au ivsiècle av. J.-C., les armées d’Alexandre les introduisent en Grèce d’abord, puis elles gagnent l’Empire romain. Chaque grande civilisation a développé ses usages et l’art de créer les motifs les plus variés. De l’Empire byzantin et l’Espagne d’Al Andalus à l’Extrême- Orient, chacune a décliné formes, couleurs, tissage et broderies selon sa sensibilité.

 

L’exposition explique cette évolution historique avant de proposer un cheminement à travers cinq grandes aires géographiques et culturelles. Si la majorité des pièces exposées datent du xixe et du début du xxsiècles, elles donnent à admirer les capacités extraordinaires du génie humain à créer des pièces d’une très grande diversité. Des caftans marocains aux kimonos japonais, des saris indiens aux robes d’apparat chinoises, les motifs sont innombrables et les formes toutes différentes.

 

 

 

Intemporalité et modernité

 

Quelques pièces exposées sont spécifiquement religieuses, comme une chasuble de saint Yves (utilisée en Bretagne, xie-xiie siécles), magnifique travail andalou en soie et lin aux motifs dorés. À Byzance aussi, l’usage de ces tissus n’est pas réservé à l’empereur et aux classes dominantes. Les habits sacerdotaux, très richement ornés dans les Églises orientales, sont le signe de la piété qui doit être observée à l’égard du culte divin. En Asie, comme au Cambodge et au Laos, ces tissus permettent aux acteurs de la cour de pouvoir incarner les divinités du panthéon bouddhiste et hindouiste.

 

Un grand nombre de robes de femmes sont aussi exposées, en particulier de mariées, qui devaient montrer la richesse et la puissance des familles. Certaines sont tout à fait extraordinaires. Elles dialoguent avec les créations de quelques robes de haute couture française ainsi que celles d’une créatrice chinoise contemporaine, Guo Pei. Le visiteur aura le loisir de méditer sur la transformation de ces mariées en idoles cousues d’or – littéralement – et ce que cela dit de l’humanité. Il reste l’admiration devant ces créations artistiques souvent éblouissantes et si originales, chaque civilisation ayant ses propres codes particuliers et riches en symboles.

 

Chasuble de saint Yves (XIe-XIIe siècles) dont le tissu vient de l’Espagne musulmane
Chasuble de saint Yves (XIe-XIIe siècles)
dont le tissu vient de l’Espagne musulmane

 

 

Au fil de l’or. L’art de se vêtir de l’Orient au Soleil levant, jusqu’au 6 juillet au musée du Quai Branly, 37 quai Branly. Tlj sauf lundi de 10 h 30 à 19 h, le jeudi jusqu’à 22 h. Ouvert lundi pendant les vacances scolaires.

 

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