Un défi dans un monde interdépendant

Dans les rituels de la fête de Yom Kippour, la solidarité et l’interdépendance des croyants sont primordiales. Quelques explications sur leur prise en charge des notions de faute et de pardon.

Yom Kippour est considéré comme l’un des jours les plus importants de l’année juive. Il conclut une période de remise en question de soi, marquée par l’insertion dans la liturgie de prières de repentir appelées selihot. Cet examen de conscience possède un caractère individuel ; pourtant, lors des offices où sont récitées les selihot, et en particulier le jour de Kippour, il prend un caractère collectif. Ces prières incluent notamment des énumérations de fautes à la première personne du pluriel. Chaque personne n’est pas nécessairement coupable de toutes les mauvaises actions mentionnées ; mais, en tant que membre d’un collectif, chacun peut reconnaître sa part de responsabilité dans les dysfonctionnements de la communauté. N’aurions-nous pas aussi une responsabilité indirecte dans certaines transgressions que nous n’avons pas commises ? Ne sommes-nous pas restés passifs face à des actes d’injustice, alors que nous aurions dû tenter de les empêcher ?

Yom Kippour, l’interdépendance du pardon (© Pixabay)

Solidarité et interdépendance

Dans ce contexte, intervient le concept selon lequel « tous les membres du peuple d’Israël sont garants les uns des autres », mentionné notamment dans les Tossafot, un commentaire du Talmud de Babylone, sur le traité Zevakhim 88b. Ce passage du Talmud détaille la fonction symbolique des vêtements du Grand Prêtre. Par exemple, sa tunique apportait propitiation pour le meurtre. Les Tossafot précisent que la propitiation n’était pas acquise pour le meurtrier lui-même, mais pour l’ensemble de la communauté d’Israël ; tous devaient se sentir concernés.

Cependant, la tâche peut parfois sembler trop lourde. Il se peut que nous souhaitions réellement agir pour le mieux, sans y parvenir.

Le chant du Kol Nidré, l’annulation des vœux, peut contribuer à nous libérer de la culpabilité d’avoir manqué à ces engagements. Il ne s’agit pas d’annuler une promesse envers une autre personne sans avoir d’abord obtenu son pardon, mais plutôt de l’annulation d’engagements personnels, n’impliquant que nous-mêmes et l’Éternel. Nous pouvons ainsi repartir sur de nouvelles bases sans rester enfermés dans le remords de résolutions non tenues.

Le Kol Nidré peut aussi nous inciter à réfléchir sur ce qui nous a empêchés de tenir notre engagement et ainsi à nous fixer des objectifs plus réalistes.

Conséquences de nos engagements

Cette remise en question semble d’autant plus importante dans un monde interdépendant.

Le jour de Kippour commémore aussi le don des secondes Tables de la loi et l’obtention du pardon divin après la faute du veau d’or. Les Hébreux, en fabriquant cette idole, s’étaient détournés d’une relation pérenne, mais pavée d’incertitude, avec l’Éternel, pour placer leur confiance dans une création immédiatement perceptible par les sens.

Dans quelle mesure « adorons-nous », nous aussi, des « veaux d’or », en recherchant des satisfactions immédiates plutôt qu’un épanouissement profond, sur le long terme ? Comment remettre chaque chose à sa juste place afin de nous recentrer sur l’essentiel ?

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