L’histoire d’Andreas et Konrad est celle de deux frères orphelins – comme il en existait alors des centaines de milliers – qui tentent de survivre dans l’Allemagne dévastée de l’Après-guerre. Des ruines fumantes de Berlin en 1945, jusqu’à la Coupe du monde de football en 1974 qui voit s’affronter la RDA et la RFA, ils se retrouvent ballottés par l’Histoire. Enrôlés de force comme espions dans la sombre Stasi, puis séparés et envoyés de chaque côté du rideau de fer, avant de se retrouver douze ans plus tard à l’occasion de ce match sous haute tension, les deux frères pourront-ils encore se comprendre ? Par un sérieux travail de documentation et un intelligent choix graphique à la tonalité sépia, La Patrie des Frères Werner offre au lecteur une haletante plongée en pleine Guerre froide. Et donne à voir les profondes fractures d’un peuple traumatisé.

La Patrie des Frères Werner, Philippe Collin et Sébastien Goethals, Futuropolis, 2020, 152 p., 23 €.
