A Nice : accompagner en temps de crise

Durant le confinement, il y a eu diversité de situations pour les aumôniers intervenant habituellement dans les hôpitaux. Anne-Laure Cronfalt retrace pour nous ce qu'elle a vécu au CHU de Nice.  
L’Aumônier de Nice en plein travail
dans son “ bureau confiné“
©DR

Le Covid-19 est arrivé vite, personne n’y était préparé, un tsunami inattendu venu du bout du monde. À l’aumônerie protestante comme ailleurs, les questions se sont posées : que doit-on faire ? Quelle est la juste attitude ?

 

Une voix qui nous montre la voie
Luther écrivait en temps d’épidémie de peste, en 1527 : « J’éviterai les lieux et les personnes où ma présence n’est pas nécessaire, afin de ne pas être contaminé et de ne pas contaminer beaucoup d’autres, afin que je ne devienne pas cause de leur mort par ma négligence.
Si le Seigneur veut me reprendre, il me trouvera bien, mais j’aurais fait ce qu’il m’a donné de faire et ne serais la cause de la mort de personne : ni la mienne, ni celle des autres. Mais là où mon prochain a besoin de moi, je n’éviterai aucun lieu ni aucune personne, mais je me rendrai librement auprès de ceux qui ont besoin de mon aide. Voilà, c’est cela une foi juste et craignant Dieu, mais qui n’est ni téméraire, ni effrontée. »
Prudence et bienveillance à communiquer aux paroisses pour que les fidèles ne se sentent pas abandonnés, qu’ils comprennent les décisions et les propositions.

 

Réalité de terrain
Tout est devenu confiné : les services, les malades, les non-soignants, et même le standard téléphonique. Des personnes isolées souffraient dans leur chambre, des familles s’inquiétaient pour leur proche avec lequel certains n’avaient même plus contact.
L’institution faisait au mieux dans la limite de ses possibilités, des règles sanitaires. Elle a mis à disposition des aumôniers et des malades des tablettes dans les « services covid ». Pourtant le wifi ne passait pas partout et il fallait la disponibilité du soignant pour aider le patient à se connecter. Bref, tout était difficile.

 

Une réponse envisageable ?
L’aumônerie protestante s’est interrogée sur une action possible, au-delà du numéro vert national affiché dans l’hôpital, pourtant peu appelé ici. Elle a pris la décision d’une permanence téléphonique locale. Pourtant les appels n’étaient pas nombreux. Qu’est-ce qui empêchait les personnes de prendre contact ?

 

Une équipe d’appelants
Il a été décidé que nous irions vers les personnes, que nous les contacterions nous-mêmes dans le respect de leur volonté et la sécurité de tous. Les bénévoles, désolés de leur inactivité, ont repris contact par téléphone avec les personnes habituellement visitées à l’hôpital. Des liens curieusement plus étroits se sont tissés alors que la distanciation aurait dû tendre à les effacer.
Ont aussi commencé quotidiennement les appels aux personnes signalées, hospitalisées, malades à la maison, isolées, inquiètes pour les leurs, pour elles. La réflexion est souvent revenue qu’elles n’auraient jamais osé appeler. Car recevoir un appel est plus facile que demander un contact. Nous ne pouvons l’ignorer.

 

 

 

Nous avons dû réinventer nos visites, la manifestation de notre intérêt pour notre prochain, à distance. Bien sûr, il y a des doutes, des limites, mais il est clair que ce système répond déjà à un besoin de présence. À cultiver et enrichir encore

 

Anne-Laure Cronfalt
aumônier CHU de Nice

 

 

 

 

 

 

 

 

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