L’Union européenne sans politique migratoire

Le bilan de l’engagement des pays de l’Union européenne face aux milliers de morts de réfugiés dans les eaux de la Méditerranée n’est pas bon. Arrivées à un point de non-retour, nos sociétés sauront-elles changer ?  

« Ce qui compte, c’est que ce sont des hommes, des hommes en danger de mort. Et les droits de l’homme s’appliquent à tout homme en danger. » C’est ainsi que s’exprimait Jean-Paul Sartre, à propos des boat-people dérivant au large du golfe de Siam. Nous revivons aujourd’hui à une plus grande échelle ces drames des « bateaux de la mort » et ces milliers de migrants engloutis dans les flots.

 

Ce n’est plus tant la France qui est concernée que les pays européens. Ces derniers ont tenu plusieurs sommets à Bruxelles pour trouver une solution à ces flux migratoires, assumés jusqu’à présent par l’Italie et la Grèce.

 

Mais au regard de ce que font les autres pays riverains comme la Turquie (un million de réfugiés, autant au Liban et en Jordanie), ces réunions ne sont pas parvenues à répartir ce flux migratoire colossal sur l’ensemble des pays, de façon équitable.

 

Il faut dire qu’au niveau de l’Union européenne (UE), la question des migrations n’est pas solidarisée, « communautarisée » comme ils disent. Chaque pays peut mener la politique que chacun choisit pour ne pas déplaire à une majorité d’électeurs et de partis qui ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de tous ces migrants.

 

Protéger les migrants

 

Migrants syriens et irakiens aux abords de Lesbos, en Grèce

 

(c) Commons Wikimedia

 

Le résultat tangible, c’est qu’on va renforcer l’agence Frontex, située à Varsovie, c’est-à-dire la surveillance en mer et, au besoin, le sauvetage. Rien qui ressemble à un sursaut à la hauteur du drame humain. Cela revient à « militariser » la Méditerranée et à essayer d’éloigner au maximum les réfugiés des côtes, les dissuader de partir en rendant la traversée plus difficile et en détruisant les cargos pourris affrétés par les passeurs, considérés comme des trafiquants d’êtres humains.

 

C’est un peu court : comme disait Amnesty, « il faut plutôt protéger les migrants que les frontières ». Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, avec ou sans passeurs, ce type de flux migratoire continuera tant qu’on n’en aura pas éliminé les causes. C’est illusoire de penser que l’on va maintenir un îlot de richesse dans un océan de misère. Même en construisant des remparts autour de la forteresse Europe !

 

 

 

Changer notre mode de vie

 

La responsabilité est politique, donc la solution doit passer par le politique, mais pas seulement…. La responsabilité est également morale, la solution devra passer aussi par un changement des mentalités. Sur notre planète, les 20 % des habitants les plus riches s’accaparent près de 86 % des ressources naturelles. Dès lors, si nous voulons vivre dans un monde apaisé, il nous faudra partager par quatre nos richesses. Ce qui signifie diminuer notre train de vie basé sur la consommation et le gaspillage à outrance. Nous sommes arrivés à un point de non-retour. Les crises que nous vivons actuellement, l’immigration massive, les guerres au Proche-Orient, et les catastrophes naturelles ne sont que les prémices de ce que nous réserve l’avenir si nous ne changeons pas radicalement nos sociétés.

 

 

 

 

 

 

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