Osons la rencontre !

Début octobre, près de 150 personnes, aumôniers, médecins, soignants, etc., se sont retrouvées à Lyon pour les trois Journées d’aumônerie francophones. Elles ont questionné la place du spirituel dans le soin et dans les relations entre soignés et soignants. Anne-Marie Landes, dont nous vous présentons le portrait ce mois-ci (p. 16) revient sur le programme de ces journées.

Il faudrait tout un numéro de ce journal pour retracer les échanges lors des Journées d’aumôneries francophones ! Voici juste quelques éléments et réflexions, passés aux filtres de ma subjectivité et de ma fatigue – les conférences, tables rondes, ateliers s’enchaînant de tôt le matin à tard le soir, avec des temps de pauses quasi inexistants. Et d’abord : la présence et l’accueil de François Clavairoly sont un baume pour les acteurs sur le terrain de l’aumônerie qui se sentent souvent en marge de l’intérêt et de l’investissement de nos Églises.

 

La place réduite du spirituel

 

Le docteur en cardiologie Jean Pellet (Médecine et humanisme, le grand écart, Yves Michel, 2012) retrace la place du spirituel au cours des âges. Le soin de l’âme et de l’esprit a commencé bien avant la médecine qui l’a petit à petit relégué loin derrière une kyrielle d’investigations et actes médicaux, jusqu’à être inexistant avec l’hyper technicité actuelle. L’homme exige et peut intervenir scientifiquement, techniquement et économiquement sur son corps de manière très rapide. Les séjours à l’hôpital devant être de plus en plus courts (économies), la place du spirituel n’est plus la bienvenue. L’humain n’est plus grand-chose. Soignants et soignés en subissent les conséquences : stress, dépression, voire suicide pour les uns ; ne suis-je qu’un amas d’organes pour les autres. Et se posent à eux des questions spirituelles, existentielles : « Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais là ? » 

 

Aumôniers et laïcité

 

La parole ne circule plus entre soignants et soignés, elle est reléguée aux psychiatres. Devant un tel constat la place du spirituel semble questionnée à nouveau, car si l’on traite une maladie, on soigne un malade. Si le terme de laïcité est malmené, mal compris, c’est quand-même là que les institutions nous permettent à nous aumôniers d’intervenir dans ce soin. Nous aidons à la ré-humanisation en redonnant la parole, en accompagnant les parenthèses ou les fins de vie à l’hôpital et les questions spirituelles et religieuses qu’elles soulèvent, en nous plaçant aussi aux côtés des soignants. En faisant circuler la parole, nous redonnons sa place au malade. Encore faut-il pour que cela soit possible une volonté de la hiérarchie. Elle se fait acariâtre avec les crispations sociales actuelles sur la question religieuse.

 

Aumôneries et religions

 

La table ronde retransmise par RCF à laquelle sont conviés un juif, un musulman, une protestante et un catholique, témoigne de la bonne entente et du travail côte à côte des aumôneries des différentes confessions dans des relations amicales et apaisées. Note d’espoir pour les différents lieux d’aumônerie, et exemple d’un possible dans notre société. Tous disent que la prise en compte du religieux est l’alliée de la prise en charge du patient et ajoute à la qualité du soin.

 

Chouette ! On sert à quelque chose alors ! Non, non, non, nous rappelle Didier Fievet, pasteur à Toulouse ! Nous sommes des serviteurs inutiles (??? ben zut…) dont Dieu se sert. (Ouf !).

 

 

 

 

 

#Actualité

Soutenez la presse et l'édition protestante

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Relève 24-28 – témoignage de jeune conseillère
Centre-Alpes-Rhône
Relève 24-28 – témoignage de jeune conseillère
« Voudrais-tu faire partie du conseil presbytéral ? »
Relève 24-28 – salade de fruits, jolie, jolie…
Centre-Alpes-Rhône
Relève 24-28 – salade de fruits, jolie, jolie…
Charlotte Gérard, pasteure de Genevois-Giffre, nous propose ce petit texte pour encourager les conseiller·e·s !
Protestantes !
Podcasts
Protestantes !
Le podcast « Protestantes ! » revient pour une deuxième saison et propose toujours des conversations avec des pasteures, des théologiennes, des autrices et des activistes.
La « Diocésaine de Gironde »
Sud-Ouest
La « Diocésaine de Gironde »
Voilà une formulation qui évoque de façon technique le contentieux d’une association de l’évêché catholique de Bordeaux, dans le contexte de l’application de la loi du 9 décembre 1905 portant séparation des Églises et de l’État.
Luc-Olivier Bosset, secrétaire national évangélisation-formation
Actualité
Luc-Olivier Bosset, secrétaire national évangélisation-formation
Rencontre avec le nouveau secrétaire national à l’évangélisation : son parcours, son poste, ses projets.
Vivre le temps de carême
Actualité
Vivre le temps de carême
Cette année le temps de carême tombe en même temps que le ramadan. J’ai entendu dire que le ramadan, bien présent en France, fait réfléchir les chrétiens (autant catholiques que protestants) à leurs pratiques spirituelles.
Une décennie mondiale pour la justice climatique, pour quoi faire ?
Actualité
Une décennie mondiale pour la justice climatique, pour quoi faire ?
Face aux effets amplificateurs des évolutions climatiques sur les injustices, le Conseil œcuménique des Églises invite à s’engager collectivement.
À la découverte des évangéliques
Actualité
À la découverte des évangéliques
Pour la journée annuelle de formation pastorale œcuménique, le 22 janvier 2026 à Trévenans, ce sont les Églises évangéliques qui ont retenu l’attention des pasteurs, prêtres, diacres, membres des groupes œcuméniques et autres acteurs ecclésiaux. Jean-René Bruandet, pasteur de la Cepe (Communion d’Églises protestantes évangéliques) à Besançon, était l’intervenant de cette matinée. Il nous a dit quelques mots de son parcours : issu d’une famille catholique non pratiquante, scolarisé dans une école catholique, il a découvert Jésus-Christ dans des rencontres d’évangéliques.
L’isoloir, l’Évangile… et moi
Question d'actu
L’isoloir, l’Évangile… et moi
Lors d’une élection, chaque citoyen exprime ses convictions. Mais pour les chrétiens, au moment de choisir le bulletin de vote, l’Évangile s’invite dans l’isoloir.