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Quel a été votre parcours ?
Je suis pasteure depuis l’an 2000. Ma vocation s’est affirmée tardivement même si elle me travaillait depuis très longtemps. Je suis arrivée à Paris avec ma famille en 1993 et c’est là que j’ai commencé mes études de théologie à l’IPT. Je me suis occupée des paroisses de Champigny-sur-Marne, de Pantin et de Palaiseau. En parallèle, j’ai fait un master de recherche en Nouveau Testament sur le chapitre 13 de l’Évangile de Jean. J’avais alors déjà été appelée à la commission des ministères, dont j’ai été membre pendant onze ans. J’ai aussi travaillé au sein de la cellule d’animation biblique en région parisienne, car ce qu’on y fait est vraiment au centre de ma passion et de mon souci. Je suis restée à Palaiseau jusqu’en 2019 et j’ai ensuite rejoint le Foyer de l’Âme, à Paris, avant d’occuper la présidence de la commission des ministères, dont je connaissais bien le fonctionnement. J’ai donc exercé quatre ministères en Église locale. Ils ont été très épanouissants, riches et formateurs parce que j’ai pu y explorer toutes les facettes du ministère. Ils ont fait de moi la pasteure que je suis aujourd’hui.
Quels sont les défis de la commission des ministères aujourd’hui ?
Le premier est évidemment le ministère de diacre, puisque la commission est impliquée dans son élaboration. Nous bénéficions tous de l’élan impulsé par Daniel Cremer, qui a fait un travail de coordination fantastique. Il nous faut élaborer le processus par lequel vont passer les candidats, les rencontres avec eux, le parcours et les éléments de discernement. C’est un ministère de l’union, il y a donc beaucoup en commun avec le ministère pastoral. Tout sera prêt à temps et nous allons entrer dans une période d’expérimentation, ce qui nous laissera la possibilité d’ajuster ce qui doit l’être. Un autre défi est la chute du nombre de pasteurs, qui n’est pas tant liée à un manque de vocations qu’au départ à la retraite de toute une génération de ministres. Les répercussions sont importantes et la commission doit être attentive à organiser, avec les conseils régionaux, la solidarité, les nouvelles formes d’exercice du ministère, les formations dont les gens auront besoin. Et puis il faut bien sûr rester attentif aux évolutions des profils des étudiants en théologie. Ils changent, les contraintes auxquelles ils font face aussi, et donc leurs demandes changent également.
Que souhaitez-vous entreprendre ?
La refonte du site devenirpasteur.fr me tient particulièrement à cœur. C’est un projet sur lequel j’ai déjà commencé à travailler mais le temps me manque. Ce mode de communication numérique est très important car très utilisé aujourd’hui et je veux donc transformer ce site pour qu’il puisse, pourquoi pas, être en mesure de convaincre ceux qui hésitent ou confirmer des vocations. Je voudrais aussi, suite à la décision du dernier synode national, réfléchir avec l’IPT à la réorganisation des formations du master 1 Église et société.
Mon travail actuel permet de découvrir beaucoup de choses sur les personnes, et c’est ce qui le rend passionnant. On suit les gens sur plusieurs années, ce qui est une opportunité rare, et cela donne l’occasion de rencontres formidables. Le discernement est une mission délicate, qui empêche parfois de dormir, mais on se met à l’écoute et c’est une expérience qui façonne. La commission des ministères a toujours été pour moi un sujet d’action de grâce.
