Daniel, poussé par « l’assistante du curé », prend donc les habits du prêtre en imitant l’aumônier qu’il a connu en prison et qui lui faisait confiance. On assiste alors à un numéro de messe « autrement » où il pleut de l’eau bénite, de sermons qui touchent les paroissiens, de confessions « autrement » où les pénitences ne sont pas des Ave et des Pater, mais se révèlent avoir du sens, d’inauguration avec bénédiction de bâtiment industriel « autrement », où le jeune prêtre charismatique arrive à faire s’agenouiller dans la boue les notables de la ville… Au milieu de tout cela, Daniel parvient à dénouer une enquête sur la mort, dans un accident de voiture, de sept jeunes du village et du « chauffard », quand les langues se délient grâce à la confiance qu’inspire ce jeune usurpateur et néanmoins prêtre, au sens du sacerdoce universel.
Ce n’est pas l’Église qui en prend un coup, ce sont les « vrais faux chrétiens face au faux vrai prêtre » (bon mot emprunté à Guillemette Odicimo dans Télérama). Tout se termine par un « pardon » dans les rues du village et une absolution collective. La femme du bouc émissaire, le chauffard, va rejoindre la communauté et les parents des jeunes, pas si propres que cela, vont accepter le pardon. Daniel, qui avait compris la cupidité du patron de la menuiserie – lequel emploie de jeunes délinquants sans doute pour pas cher –, va être livré par celui-ci. Après cette parenthèse bucolique et sacrée, le jeune homme repart à la ville et retourne à la dure réalité d’un monde violent.

Un film de Jan Komasa. Sortie en France : mars 2020, 1 h 55.
