La légende dorée du pape François

Au-delà de la relation fusionnelle que les catholiques entretiennent avec le pape depuis des siècles, quelle place François tient-il, et avec quels effets sur l’évolution pour l’Église catholique romaine ?

Dans les dernières années du XIXe siècle, certains catholiques avaient trouvé trop timide la formulation du dogme de l’infaillibilité pontificale (1870) ; le fait que le souverain pontife (titre emprunté à l’empereur de Rome !), bénéficiant d’une assistance spéciale du Saint-Esprit, ne peut se tromper lorsqu’il parle au nom de l’Église des questions de foi et de morale. Pour ces fidèles enthousiastes, c’est la personne même du pape qui était en tout point admirable, voire adorable : n’était-il pas, disaient-ils, « le vice-Dieu sur la terre » ?

 

François et Bartholomée 1er à Jérusalem

 

(c) Alessia Giuliani/CCP/Ciric

 

 

 

Le pape, une pop star

 

Depuis des siècles, les catholiques entretiennent une relation fusionnelle avec le pape qu’ils parent de toutes les vertus : quoi qu’il dise ou fasse, « on lui pardonne tout, on le croit en tout, on espère tout de lui » ! C’est toute sa parole, toute son action, toute sa personne qui sont auréolées d’infaillibilité, voire d’« indiscutabilité » ! Et d’autant plus que, depuis Jean-Paul II, il est devenu une sorte de pop star qui déchaîne les foules sur son passage ! Aussi faut-il accueillir avec un esprit critique aiguisé la façon dont les médias et l’opinion publique catholiques commentent les faits et gestes pontificaux.

 

L’actuel tenant du titre n’échappe pas à la règle. Aux yeux du bon peuple catholique, François est un artisan convaincu de nouveauté dont les initiatives sont entravées par les inamovibles et réactionnaires cardinaux de la Curie. Pour contourner ces obstacles redoutables, le Saint-Père doit donc ruser, se montrer, comme il le dit lui-même, « furbo » (fourbe, pour ne pas dire jésuite !).

 

 

 

Un discours qui cache les positions

 

La stratégie serpentine qu’on lui prête est une façon de le dédouaner des prises de position traditionalistes qui sont souvent les siennes. Par exemple son absurde condamnation sans analyse des manuels scolaires français, ou sa déclaration sur l’homosexualité qui fait se pâmer d’admiration ses inconditionnels : « Qui suis-je pour juger ? ». Pourtant, la phrase implique en toute logique que l’homosexualité mériterait jugement (et condamnation) : malgré de plus souriantes apparences, la doctrine catholique n’a pas évolué d’un pouce !

 

Mais il faut, comme toujours, juger un responsable sur ses actes et non sur ses intentions réelles ou supposées. Et de ce point de vue, force est bien de constater que les grands dossiers sur lesquels le pape François est tellement attendu sont tous désespérément au point mort : l’ordination d’hommes mariés et le diaconat féminin notamment. Quant à l’accès à l’eucharistie des divorcés remariés, il est proprement scandaleux de parler de leur nouvelle union comme d’un péché inexpiable (puisque les assassins, eux, peuvent communier après confession) !

 

 

 

 

 

 

 

 

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