Familles d’accueil

Accueillir à demeure des enfants ou, comme cela se fait plus récemment, des personnes âgées, est un métier. Il exige une qualité de relation à l’autre en difficulté souvent enrichissante, parfois éprouvante.

Nadine et Gérard sont famille d’accueil depuis quinze ans. Ou plutôt : Nadine est assistante familiale depuis quinze ans, car c’est elle qui perçoit un salaire. Mais « c’est d’abord un choix familial, un choix de couple : accueillir des enfants ou des adolescents chez soi, cela impacte nécessairement tout le monde », souligne Nadine. Elle accueille des adolescents de 11 à 18 ans qui viennent vivre chez elle quand leurs parents ne peuvent plus s’en occuper — temporairement ou plus durablement — ou lorsqu’un juge décide d’un placement judiciaire pour les éloigner de leur milieu. L’agrément est accordé par les services sociaux départementaux après visite des lieux d’habitation, et il est soumis à une enquête approfondie sur l’assistant familial et sur chaque membre de la famille.

 

S’adapter à chacun

 

Nadine ne sait pas combien de jeunes sont passés chez elle : « Certains sont venus pour des périodes vraiment très courtes, d’autres ont vécu chez nous leur adolescence entière ». Cet accueil est l’occasion de nombreuses joies : « On ne fait jamais la même chose, ça nous demande de nous adapter à l’enfant et à ce que vit la famille : c’est chaque fois différent. Les jeunes attendent beaucoup de nous et nous stimulent, dans le suivi de leur scolarité, de leurs activités et des relations avec leur famille. On leur apporte des choses de l’ordre des “savoirs”, mais aussi de l’ordre de l’amour, même si nous ne pouvons être totalement dans une relation de type affectif avec eux ».

 

© shutterstock

Les difficultés rencontrées dans cet accueil sont évidemment liées au caractère exigeant de cette profession vécue 24 h sur 24 et sept jours sur sept. Nadine précise cependant que la possibilité d’organiser des relais est prévue, ce qui permet de souffler pendant les week-ends et les vacances. Les difficultés plus profondes sont celles que rencontrent les jeunes eux-mêmes : « Parfois, cela n’accroche pas avec un jeune, on n’arrive pas à trouver la relation pour que ça se passe bien. Parfois les traumatismes sont profonds, rendant toute démarche de placement en famille d’accueil quasi impossible. »

 

Les personnes âgées

 

L’accueil familial peut représenter pour des personnes âgées, ou des personnes adultes handicapées, une solution intermédiaire entre vivre chez soi et la maison de retraite. Elle concerne des personnes ayant une relative autonomie et dont l’état ne nécessite pas un environnement médicalisé. La personne accueillie vit dans une famille avec tout au plus deux autres résidents, dans une chambre individuelle où elle peut installer meubles et affaires personnelles. Elle a libre accès à des pièces communes (salon, cuisine…). Elle est « nourrie, logée, blanchie » et accompagnée dans ses activités quotidiennes. Ce mode d’hébergement peut être utilisé de façon permanente ou temporaire, à temps complet ou à temps partiel. Il peut, par exemple, constituer une solution pour donner, périodiquement, un temps de répit aux proches qui entourent la personne âgée.

 

L’accueil familial se fait contre rémunération. C’est un métier qui permet de travailler chez soi, mais qui demande un fort investissement personnel, une bonne condition physique, le sens de l’écoute et de la patience.

 

 

 

 

 

#Dossiers #L’accueil en chantier

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

L’accueil en paroisse, à réinventer sans cesse
L’accueil en chantier
L’accueil en paroisse, à réinventer sans cesse
Comment accueillir sans donner l’impression de « mettre le grappin » sur un nouveau visage ?
Ensemble, c’est mieux !
L’accueil en chantier
Ensemble, c’est mieux !
Elle accepte d’héberger une jeune femme en difficulté, puis une autre, puis des étudiantes... L’accueil a finalement redonné un sens à la vie de Jeannine, qui a tout juste quatre-vingt-dix ans.
Accepter d’être accueilli pour accueillir
L’accueil en chantier
Accepter d’être accueilli pour accueillir
J’aime beaucoup l’ambiguïté du mot hôte en français.
La Maison verte
L’accueil en chantier
La Maison verte
Le concept anglais d’inclusivity désigne une théologie, une pratique et un mouvement affirmant le caractère inconditionnel de l’amour de Dieu incarné en Jésus-Christ. La Maison verte veut mettre en pratique l’accueil de ceux qui ne sont accueillis nulle part ailleurs.
Toulouse ouverture —TO7
L’accueil en chantier
Toulouse ouverture —TO7
TO7 est le centre d’un grand mouvement de solidarité, d’entraide, de rapprochement entre des habitants du Mirail, à Toulouse, et des autres quartiers. C’est aussi un « lieu pour rien » où se tissent des liens de solidarité. Un lieu d’accueil protestant, qui tient à son fonctionnement laïque.
Le Promontoire
L’accueil en chantier
Le Promontoire
Qu’est-ce qui a poussé un couple de Néerlandais, elle pasteure dans une paroisse alsacienne, lui philosophe, à acheter une grande maison sur une des crêtes vosgiennes pour l’ouvrir aux rencontres diverses ? Leur initiative et toute la réflexion sur l’hospitalité qui la motive ouvrent des pistes sur l’avenir de notre Église.
Les villes refuges
L’accueil en chantier
Les villes refuges
Dans un monde où les États se désengagent, oubliant même les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des municipalités, des villes entières ont décidé de pallier à ces manquements.
Une famille élargie
L’accueil en chantier
Une famille élargie
Nous étions en contact régulier avec des membres de la Cimade et avions donné notre accord pour loger temporairement, le cas échéant, un mineur isolé. Et un jour, il a fallu passer de l’accord de principe à l’accueil effectif d’une jeune fille africaine à la rue.