Notre Église est intégrée dans un faisceau de relations inter-ecclésiales étonnement développé. Une partie de notre réseau est dû à l’histoire de notre Église, notamment l’engagement dans la communion internationale protestante qui est devenue en 1971 la Cevaa, issue de la Société des missions évangéliques de Paris (SMEP). Notre Église est également engagée dans la Communion des Églises protestantes francophones (CEPF, l’ex-Ceeefe) fondée il y plus de cent ans : il s’agit d’un réseau d’églises francophones à l’étranger, au départ fondé pour les expatriés afin qu’ils restent en lien avec l’Église en France. Une autre partie de notre réseau se constitue ‘naturellement’, par proximité géographique et de contexte. Enfin, nous avons des relations tissées au hasard des rencontres et des affinités. Ces relations-là sont souvent les plus dynamiques mais aussi les plus changeantes.
La fragmentation des « Églises de la Réforme » en unités nationales ou régionales n’est pas seulement un fruit de l’histoire. Elle correspond aussi à la priorité que donne notre ecclésiologie à la réalité locale. Le risque est pourtant une vie ecclésiale isolée qui peut devenir nationaliste.
L’EPUdF a contribué à la révision de la Charte OEcuménique, un texte à vivre aussi au niveau local © DR
La vérité qui la dépasse toujours…
Par des organisations et réseaux internationaux, nous élargissons notre regard au-delà de notre situation nationale locale. C’est la raison pour laquelle notre Église est par exemple membre de la Communion des Églises protestantes en Europe, de la Fédération luthérienne mondiale ou du Conseil œcuménique des Églises. Les assemblées générales, consultations organisées par ces organismes ou les visites bilatérales de nos Églises sœurs sont des moments de réflexion théologique commune, de coordination d’action et de plaidoyer ainsi que de confrontation d’idées.
C’est dans la rencontre des frères et sœurs et l’échange avec nos Églises sœurs que l’Église universelle se perçoit le mieux : voyage dans un autre pays ou accueil chez nous dans le cadre d’un jumelage ou d’un projet commun. Entendre régulièrement lors du culte des témoignages et des nouvelles de nos Églises sœurs nous rend conscients que nous ne pouvons pas être tout seuls l’Église avec un grand « E ». Et prier pour les autres ou avec des mots des autres aide à ouvrir notre regard.
Enfin, le travail théologique est moins visible mais bien réel. Notre Église a par exemple contribué à l’élaboration de la Charte œcuménique signée en novembre dernier par la Conférence des Églises européennes (CEC-KEK), dont elle est membre, et le Conseil des conférences épiscopales d’Europe. Un texte sur le dialogue et la coopération qui a vocation à être connu et vécu au niveau local.
« L’Église protestante unie de France se comprend comme l’un des visages de l’Église universelle. Elle atteste que la vérité dont elle vit la dépasse toujours » (Déclaration de foi, 2017).
