Protestants dans le Jura : racines et renouveau

De la Réforme jusqu’au début du XIXe siècle, aucune présence protestante durable n’est attestée dans le Jura. Cette situation s’explique par l’histoire politique et religieuse de la région.

Longtemps sous domination espagnole jusqu’en 1678, puis annexée à la France, elle connaît un régime d’absolutisme religieux qui perdure jusqu’à la Révolution française.
Ce n’est qu’à partir des années 1840 qu’une communauté protestante s’implante, sous l’impulsion de missionnaires genevois. Un hôtel particulier est alors acquis pour le culte à Lons-le-Saunier, où la communauté compte environ 600 membres. Après 1870, l’arrivée de familles alsaciennes renforce cet enracinement.

 

Implantation et lieux de culte

 

À la fin du XIXe siècle, des temples sont construits à Morez et à Arbois. En 1905, la ville de Dole attribue une ancienne chapelle catholique à la communauté protestante. Des migrants suisses s’installent également comme agriculteurs dans le Haut-Jura et la région des Lacs. Jusqu’aux années 1950, les relations avec les catholiques restent souvent difficiles. Faute de moyens de déplacement, les pasteurs se rendent au domicile des paroissiens. Après le concile Vatican II, le dialogue s’améliore et des locaux sont plus facilement mis à disposition.

 

Héritage et enjeux actuels

 

Aujourd’hui, il subsiste un temple à Lons-le-Saunier et un autre à Dole ; ceux de Morez et d’Arbois ont été vendus. Cette histoire est peu transmise et la majorité des paroissiens actuels n’ont pas de racines jurassiennes. Face aux défis actuels et aux postes pastoraux vacants, des laïcs se sont engagés durablement. De petites communautés se sont développées, et la présence récente d’une pasteure à mi-temps a permis de recréer des liens et de redonner un souffle à l’ensemble de la communauté.

 

Le mur des réformateurs à Genève

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