Réveiller, lever… c’est un mouvement qui indique la sortie d’un état passif. Confesser que Jésus a été réveillé de la mort et qu’il a été relevé après la croix, c’est dire que la vie qu’il déploie nous entraîne à vivre avec lui dans cette dynamique, à ressusciter avec lui.

Au-delà de nos forces
On ressuscite après être mort. Bien sûr, cela nous touche dans notre propre destinée ; l’espérance de notre résurrection nous projette au-delà des limites de notre corporalité. Cette espérance nous touche aussi dans notre existence quotidienne, faite de petites et de grandes morts : deuils, ruptures, culpabilité, remords, difficultés à vivre avec soi ou avec d’autres.
Ressusciter, c’est se réveiller de ce qui nous engourdit ou nous paralyse, se relever de ce qui nous tient à terre ou nous écrase. C’est accepter que la fragilité et les limites de notre existence ne sont pas des fatalités. Il y a de l’espérance au-delà de ce que nous subissons, de la vie au-delà de ce que nous pouvons porter par nous-mêmes. Mettre sa confiance en Dieu, c’est ne plus dépendre uniquement de soi-même, de ses propres forces ou de sa volonté pour être remis debout. C’est une démarche spirituelle, celle d’un humble lâcher-prise dans la foi en celui qui nous ressuscite.
Relever les autres
Tout au long des rencontres que les évangiles nous rapportent, les paroles, les gestes et la présence de Jésus sont la concrétisation, pour des personnes en souffrance, que sa rencontre est « ressuscitante ». Le suivre est une démarche qui appelle à relever les autres. Paul a écrit : « Que chacun, au lieu de regarder à ce qui lui est propre, s’intéresse plutôt aux autres. Ayez entre vous les dispositions qui sont en Jésus-Christ », lui qui s’est abaissé lui-même jusqu’à la mort et que Dieu a élevé (Philippiens 2.1-11). Ressusciter, c’est se regarder mutuellement à travers la croix et la résurrection du Christ pour vivre ensemble une vie éveillée, debout, renouvelés.
