Curieusement, dans le Nouveau Testament, il n’y a pas de mot spécifique. On rencontre deux verbes qui ont chacun plusieurs sens : ?γε?ρω (égeirô) : réveiller, élever, dresser, se lever ; et ?ν?στημι (anistèmi) : faire lever, se lever, susciter, ressusciter, d’où vient ?ναστ?σις (anastasis) : résurrection.
Avant de parler de la résurrection de Jésus, les évangiles utilisent ces verbes dans d’autres contextes : le paralytique (Marc 2.1-12) se lève (égeirô). En même temps, ses péchés lui sont pardonnés.
La fille de Jaïros (Marc 5.35-43), qui semble morte, est « réveillée » (égeirô) de son sommeil et « se lève » (anistèmi).
Le fils de la veuve de Naïn (Luc 7.11-17) paraît bien mort. La parole de Jésus peut être traduite de différentes façons : « Jeune homme, je te l’ordonne, réveille-toi/lève-toi (égeirô) ».
Quand Jésus annonce sa propre résurrection : « … il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup… qu’il soit tué et qu’il se relève/qu’il ressuscite (anistèmi) trois jours après » (Marc 8.31). Là encore, les traductions hésitent entre les deux verbes.
En lien avec ces deux verbes apparaissent dans les évangiles des sujets tels que la guérison comme relèvement, la résurrection comme un réveil d’un sommeil, la foi indispensable à ce « relèvement », puis la résurrection comme une sortie de la perdition des péchés.
Nous voyons que le texte grec emploie indistinctement les deux verbes égeirô et anistèmi, chacun avec son champ de nuances. La traduction française se trouve ainsi devant le défi de faire ressortir une nuance plutôt que l’autre.
Tous ces sujets, habilement enchaînés et entrelacés, nous les retrouvons dans la grande réflexion sur la résurrection de Paul, en 1 Corinthiens 15.12-18.

