© Yvan Bourquin
La chorale estivale à l’œuvre
Est-il encore besoin de rappeler le rôle éminent joué par le chant choral, notamment dans les Églises issues de la Réforme ? Plus fondamentalement, le sens du sacré a fait infailliblement s’élever dans l’âme humaine le sens musical. Seul être doué du privilège de la voix articulée, l’être humain a cherché à exprimer ses émotions et ses aspirations ; mais en tant qu’animal social, il a éprouvé le besoin de chanter collectivement. De fait, le chant choral s’est développé à la fois dans le domaine civique et dans la sphère religieuse.
Ce type de chant collectif a une fonction humanisante et donc morale. Il n’est en effet pas anodin d’apprendre à tenir sa partie dans un ensemble vocal, d’y couler ses convictions avec d’autres dans un langage poétique commun et d’ainsi rythmer les âmes. Il n’est ainsi pas exagéré d’affirmer que l’art du chant en groupe tire sa substance de la vie sociale : pour faire vivre un chef-d’œuvre, les chanteurs ne communient-ils pas tous dans un même idéal ? Avec le niveau musical peut s’élever en même temps le niveau moral ; mais quand le niveau musical baisse et que l’aptitude même au chant en commun disparaît, cela ne peut qu’inspirer de vives et légitimes inquiétudes sur l’état de la société qui expérimente cette décadence.
L’art du chant est un art dans lequel on ne doit s’aventurer qu’avec le désir de progresser dans la maîtrise de cet instrument prodigieux qu’est la voix humaine. Dans l’un de ses sermons, Thomas d’Aquin envisage en trois expressions latines les qualités requises pour former un bon chanteur :
© Yvan Bourquin
Repas en plein air dans le parc du presbytère de Saint-Maurice
bonae vocis instrumentum, l’outil d’une bonne voix ; artis documentum, l’enseignement de l’art, usus exercitamentum, l’exercice par la pratique, par l’habitude.
On peut arriver à obtenir une belle matière sonore avec quelques prédispositions, avec une bonne direction des études, poursuivies avec application et persévérance.
Il en va donc bien d’un plaisir et d’un enrichissement personnels et communautaires extraits d’un travail exigeant, mais prometteur. Précisément, le cadre offert par le presbytère de Saint-Maurice soutient cet élan pédagogique. Les locaux permettent d’organiser des répétions partielles et un travail d’ensemble. L’oratoire n’est ni trop sourd ni trop sonore et il reste frais au cœur même d’un été caniculaire ; les salles disposent d’un piano accordé et d’harmoniums en état de marche. La cuisine organisée autour de l’antique cheminée permet l’accueil et la restauration des musiciens. Le grand parc, à l’orée de la forêt, permet, à la belle saison, les repas en plein air, les promenades récréatives, les échanges et le nécessaire délassement.
Le chœur d’ensemble renouvelle donc son répertoire afin de répondre aux diverses sollicitations de la seconde partie de l’année : un concert en hommage à Samuel Sandmeier, au temple de Valentigney le dimanche 18 octobre, le culte de la Réformation à Nancy et l’interprétation d’une série de Noëls variés au temple Saint-Martin de Montbéliard, dans le courant décembre.
Renseignements auprès de Brigitte Aubert (06 79 08 26 99) et Yvan Bourquin 06 71 19 46 46.
