Henri Chavey, fondateur de la chorale, reçoit le traditionnel
bouquet de jeannettes lors du rassemblement du Lomont
On a pu dire sans exagération que nos paroisses tiennent par leurs chorales et qu’elles s’effondrent suite à leur disparition. Les chorales paroissiales jouent indéniablement un rôle essentiel dans la sociologie de nos Églises, car elles permettent le mélange des personnes très pratiquantes avec les « distancés de l’Église », pour utiliser une formule en vogue. La chorale représente une plate-forme de brassage social, d’échange d’informations ; elle est ainsi un espace de communication et de contacts aussi divers que variés –indépendamment de ses nécessaires composantes musicales et religieuses. Véritable vivier des paroisses, la chorale fourmille de personnes ressources : tous les corps de métiers sont représentés et toutes les aptitudes s’y trouvent.
La chorale de la Vallée du Rupt a été fondée par Henri Chavey il y a soixante ans et sa fille, Nicole Bollon, a repris le flambeau il y a cinquante ans. Lors de sa fondation, la chorale recrutait parmi les catéchumènes, directement après leur confirmation ; il est vrai que les occasions de sorties jugées convenables étaient plutôt rares et les paroisses organisaient de fait les loisirs de la jeunesse. Les chanteurs les plus anciens rappellent la recette du succès de la chorale : la bonne atmosphère qui règne dans les rangs des choristes où le plaisir de chanter se conjugue avec le plaisir des retrouvailles. Tout un chacun se fait un point d’honneur de cultiver cet esprit de franche camaraderie essentielle à l’association. Les « nouveaux-arrivés » rendent ainsi compte de leurs motivations : la retraite offre du temps libre à occuper dans des activités enrichissantes ; les conséquences d’un deuil, autre exemple, peuvent aussi créer impérieusement un besoin de sociabilité auquel répond la chorale. La dynamique cheffe de chœur, Nicole Bollon, se met en chasse de nouveaux membres – elle l’a fait sa carrière durant. Avec une pointe d’humour – et de profonde lucidité- elle prospecte la classe des « jeunes de soixante ans », sachant que les nouveaux retraités ont quelques disponibilités. Nicole est secondée, notamment par son mari Marc pour tout ce qui touche à l’infrastructure des répétitions et des concerts, mais aussi par Elisabeth Lamy qui fait répéter certains pupitres indépendamment, tandis que Liliane Guidolin assure les accompagnements.
Le répertoire se caractérise par sa variété : il va de l’Ave Verum de Mozart à la chanson du Pays de Montbéliard, sans oublier la Messe allemande de Schubert. Dotée d’une technique impeccable et d ’une pédagogie éprouvée, Nicole Bollon fait travailler les œuvres sans s’appesantir sur les éventuelles erreurs : elle corrige, en les chantant, les passages défectueux de sa voix, rayonnante et sûre de soprano. Elle n’hésite d’ailleurs pas à entonner une partie soliste surplombant les quatre voix mixtes, faisant preuve d’un tonus peu commun. Cet ensemble vocal poursuit la grande tradition chorale du protestantisme qui forme les voix des fidèles en les initiant à un répertoire de qualité ; le chant cultuel s’en ressent ainsi que les exigences musicales de l’auditoire. Il est permis d’espérer que ces valeurs ne sont pas dépassées. Comment envisager le culte protestant sans la musique traduisant les différents états d’âmes des participants qui font entendre leur voix le soir, le matin et à midi, selon les termes du Psaume 55 ?
La chorale compte plus d’une trentaine de membres et prépare un double concert commémoratif, au temple de Saint-Julien-lès-Montbéliard, les 14 mars à 20h et 29 mars à 16h, en plus de l’animation musicale des grandes fêtes.
La chorale en pleine répétition
La chorale répète tous les lundis à la salle paroissiale de Sainte-Marie, de 17h à 19h. Renseignements auprès de son chef jubilaire, madame Nicole Bollon, au 03 81 93 51 13
