Jeudi 7 mai
Départ d’Aubagne en car, à 9 h. Arrêt à Aix à 9 h 30 pour prendre en charge nos amis d’Aix et de Vitrolles. Nous serons 39 au total, avec Nadine, la sœur de Chantal qui nous attend à Torre Pellice.
À 13 h 15, nous arrivons au col de Larche, à la frontière entre la France et l’Italie. 1991 mètres d’altitude ! Il y a encore des plaques de neige et une température assez basse… Nous y prenons notre pique-nique. Le mont Viso, 3 840 mètres, est dans les nuages !
17 h : arrêt au très joli village de Vernante, avec ses maisons anciennes très soignées, où le dessinateur de Pinocchio, Mussino, a vécu les dernières années de sa vie. Dans les rues du village, on peut voir des fresques murales relatant des épisodes de Pinocchio, peintes depuis 25 ans. Très belle église à la façade et au plafond très décorés.
Nous traversons le Pô, principal fleuve d’Italie, qui prend sa source au mont Viso. Beaucoup d’entre nous sont surpris de voir qu’il est ici un gros torrent plus qu’un fleuve majestueux.
19 h 40 : arrivée à Torre Pellice, accueil à la Foresteria Valdese par Sandra et Sara qui nous indiquent nos chambres. Le nom vient de l’occitan foris (« étranger »). Cette maison de vacances, datant de 1958, appartient à la commission synodale de l’Église vaudoise. Au départ, elle hébergeait des étrangers des Églises évangéliques.
20 h 15 : le souper, et tous les autres repas ensuite, met en valeur la diversité de la succulente cuisine italienne. Veillée « Présentation de la région » par Alessandro : faune, fortifications, économie…
© Hélène Rostan
Veillée à la Foresteria avec le pasteur Gianni Genre
Vendredi 8 mai
Vallée d’Angrogna : le car nous laisse le plus haut possible sur la route. Une petite marche nous mène à la Scuola Odin Bertot – une seule pièce – qui joua un grand rôle dans l’instruction de ces petites vallées vaudoises.
Puis nous allons voir le monument de Chanforan, un grand bloc érigé comme une colonne avec une bible à ses pieds. Il marque l’adhésion des Eglises vaudoises à la Réforme, en 1532. Elles quittent alors la clandestinité pour vivre au grand jour, fortes du soutien des réformés. Cela leur a permis de subsister, de survivre. À la Gheisa d’la Tana (« église de la tanière »), une grotte accueillait la communauté d’Angrogne pendant la clandestinité. On y descend par un chemin difficile. Il faut se baisser pour y entrer. La salle a permis de recevoir 200 personnes debout. Un pasteur pouvait s’y installer, sur un rocher. C’est ensuite le Museo della Donna qui nous accueille.
Dans l’après-midi, encore au Val d’Angrogna, nous passons par le Collège des Barba, une maison du XVe siècle où se réunissaient les prédicateurs vaudois, les « barba » (« oncles »), avant de partir évangéliser au-delà des frontières. Puis nous montons un sentier à forte déclivité jusqu’au temple de Pra del Torno qui se trouve sur un promontoire rocheux, visible de loin et construit après l’obtention de la liberté, en 1848. Très sobre. Un piano, un poêle, des bancs, une table sur laquelle une bible est posée, une chaire. Un lieu parfait pour prendre une photo de groupe et chanter « À toi la gloire » ! Une belle cascade au bord de la route et nous revoilà dans le car. À Torre Pellice, nous nous arrêtons à la chocolaterie Caffarel. Le soir, à la Foresteria, veillée libre proposée par le pasteur Gianni Genre qui nous parle des vaudois.
© Hélène Rostan
La Maison vaudoise à Torre Pellice
Samedi 9 mai
Nous nous rendons au marché de Pinerolo. Certains y font des achats de cadeaux. D’autres en profitent pour aller visiter le centre historique, voir la cathédrale Saint-Donat et monter jusqu’au Piazzale San Maurizio. Derrière l’église, on peut y pique-niquer, avec une vue imprenable sur la vallée.
Dans l’après-midi nous allons au Val Germanasca, plus au nord, après Pomaretto et juste avant Rodoretto et Prali, pour visiter l’Ecomuseo della Miniera della Val Germanasca. En parcourant cette mine de talc, en petit train et à pied, nous nous replongeons à l’époque de son apogée. Des milliers de mineurs y passaient presque tout leur temps, dès l’âge de 14 ans, pendant 30 ans. Ils travaillaient douze heures par jour, sept jours sur sept, pendant deux mois, avant de prendre un ou deux jours de repos.
Soirée libre mais suivie par tous, sur le thème « Pour moi, qui est l’Esprit saint ? ».
Dimanche 10 mai
Le matin, nous allons au temple de Bobbio Pellice pour le culte, à 10 h 30 comme chez nous. La prédication porte sur la prière. Difficile à suivre, même pour ceux qui ont étudié l’italien. Mais une feuille en français nous est distribuée.
Dans l’après-midi, nous visitons le Centro Culturale Valdese et le Musei Valdesi avec des guides passionnants. Puis visite de la Casa Valdese, la Maison vaudoise. Bâtie en 1889, elle comprend au rez-de-chaussée la salle du synode et, au 1er étage, les bureaux et les archives. Bibliothèque et musée ont été transférés au Centre culturel vaudois. Chaque année pendant cinq jours, en août, la Maison vaudoise accueille une assemblée réunissant 180 représentants des vaudois italiens et un représentant de l’Uruguay. Dans la salle synodale, une peinture allégorique représente un arbre dont les racines poussent sur le roc, dont certaines branches ont été coupées et dans lequel s’ouvre un livre avec une inscription en italien signifiant « Sois fidèle jusqu’à la mort ». Nous chantons « Le serment de Sibaud », un cantique vaudois. Dans la cour, nous découvrons un monument dédié à la fraternité avec les vaudois d’Amérique du Sud. Soirée agréable avec chants, blagues et lecture des Béatitudes.
Lundi 11 mai
Départ à 9 h en vue de notre retour en France.
1 h : visite de la Sacra di San Michele. Monument symbole du Piémont et lieu ayant inspiré l’écrivain Umberto Eco pour son best-seller Le nom de la rose. La Sacra di San Michele est une abbaye bâtie entre 983 et 987, puis jusqu’au XIVe siècle, à l’emplacement d’une église consacrée, d’où le nom Sacra. Elle se situe au sommet du mont Pirchiriano (« montagne des porcs »), directement sur le rocher, qui affleure par endroit. Du haut de ses remparts, à presque 1 000 mètres d’altitude, magnifique panorama sur le val de Suse et jusqu’à Turin, à 40 kilomètres. Dédiée au culte de l’archange Michel, la Sacra fait partie d’un itinéraire de pèlerinage de plus de 4 000 kilomètres reliant sept sites alignés, dédiés à saint Michel, depuis l’île de Skellig Michael, en Irlande, jusqu’au mont Carmel, près de Jérusalem. C’est la ligne sacrée de Saint-Michel.
Départ à 14 h 30 vers la France. Dans la vallée de Suse, nous voyons la Sacra di San Michele sur son sommet, depuis la route puis l’autoroute. Puis nous franchissons le col de Montgenèvre. Arrivée à Aix à 21 h et à Aubagne à 21 h 45, après 1 060 kilomètres parcourus !
