De l’idéal à la pratique : oser questionner notre hospitalité

Nous pensons souvent que l’accueil et l’hospitalité font naturellement partie de notre ADN chrétien. Comme une évidence. Notre foi protestante s’appuie en effet sur cette conviction fondamentale : en Jésus-Christ, Dieu accueille sans conditions celles et ceux qui viennent à lui. La grâce de ce dieu bon et miséricordieux ouvre nos cultes, inspire nos communautés, et pose – du moins en théorie – les bases d’un accueil où chacun et chacune peut trouver sa place dans l’Église et se sentir véritablement bienvenu.

Quant à la Bible, elle fait de l’hospitalité un commandement divin et nous offre de nombreux récits où l’accueil de celui ou celle qui s’approche devient une prédication de l’amour de Dieu. Jusqu’ici, tout semble aller de soi. Accueillir l’étranger, ouvrir sa porte, partager son pain : autant de gestes ordinaires qui deviennent des signes du Royaume.

Et pourtant… force est de reconnaître que tout le monde ne se sent pas – ou pas vraiment – accueilli dans l’Église. Et nous aurions tort de penser que ce n’est pas un problème, ou que cela ne concerne que quelques cas isolés.

En réalité, l’accueil est une question bien plus complexe qu’il y paraît. C’est vrai dans la Bible comme dans les Églises locales. Car accueillir ne se résume pas à sourire à l’entrée du temple ou à serrer quelques mains après le culte. L’accueil engage une communauté tout entière : sa manière de parler, de prier, de se comporter, de faire place.

 

Pourquoi, dans nos paroisses, certains se sentent-ils « chez eux » tandis que d’autres n’y sont que « de passage », simplement « tolérés » ou invisibles ? Qui accueille qui, au fond ? Sommes-nous réellement en capacité d’accueillir tout le monde ? Quelles sont nos limites, nos impensés, nos habitudes, nos angles morts en matière d’accueil ?

Ce sont des questions difficiles, parfois dérangeantes – mais nécessaires, si nous voulons répondre honnêtement au désir sincère de « faire la volonté de Dieu ». Car accueillir l’autre, c’est aussi accepter d’être déplacé, surpris, transformé.

 

En français, le mot « hôte » porte en lui-même une ambivalence révélatrice : il désigne à la fois celui qui accueille et celui qui est accueilli. Cette dualité dit quelque chose d’essentiel sur l’enjeu véritable de l’accueil : se savoir accueilli pour pouvoir accueillir vraiment. Accueillir l’autre comme on se sait soi-même accueilli par un Autre.

 

L’accueil n’est-il pas, avant tout, une invitation à la rencontre ? Une vraie rencontre – sur le seuil du temple ou autour du pain partagé – où chacun se sait d’abord accueilli par le Christ, et devient à son tour accueillant pour l’autre (Rm 15.7).

 

C’est dans cet esprit que la formation « Mettons-nous à table » est proposée cette année à tous les membres des conseils presbytéraux des huit consistoires de notre région. L’objectif : permettre aux CP d’aborder sérieusement cette question essentielle pour la vie de l’Église, en leur offrant des outils concrets de sensibilisation et de réflexion, à déployer ensuite dans leurs paroisses (animations bibliques, formation aux ministères d’accueil, proposition d’un culte expérientiel…). Autant de ressources pour que l’accueil ne reste pas un idéal abstrait, mais devienne un chemin communautaire, incarné, fidèle à l’Évangile.

 

https://rp.epudf.org/services-regionaux/service-formation/

 

Prochaines dates :  

– samedi 11 avril de 10 h à 14 h à la salle Séquoia – Sèvres (consistoire Sud-Ouest) ; 

– samedi 6 juin de 14 h à 18 h au temple de Mantes-la-Jolie (consistoire Boucles de Seine ouest). 

#Région parisienne
#En région

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

1626-2026 : 400 ans de présence luthérienne à Paris, la mémoire en partage
Région parisienne
1626-2026 : 400 ans de présence luthérienne à Paris, la mémoire en partage
En 2026 sera célébré le 400ᵉ anniversaire du premier culte luthérien à Paris. Rencontre avec Corinne Gibello-Bernette, membre adjointe du bureau de la Société de l’histoire du protestantisme français (SHPF) et vice-présidente de la commission bibliothèque qui a contribué activement à l’entrée des archives de l’Inspection luthérienne de Paris dans les collections de la SHPF.
Votre budget est votre prière la plus sincère
Région parisienne
Votre budget est votre prière la plus sincère
L’argent ne sert pas seulement à payer. Il sert aussi à commander.
Diversité, créativité, fraternité : une journée pour renouveler la catéchèse
Région parisienne
Diversité, créativité, fraternité : une journée pour renouveler la catéchèse
Le 31 janvier 2026 s’est tenu le forum régional annuel des catéchètes et responsables jeunesse de la région parisienne réformée et de l’inspection luthérienne de Paris. Retour sur cette riche journée !
Vivre et penser la foi : « Masculin et féminin dans la Bible »
Paris
Vivre et penser la foi : « Masculin et féminin dans la Bible »
"Masculin et féminin dans la Bible". Les mercredis 11 et 25 mars et 8 avril, à 20h, au temple du Luxembourg.
Double action de Carême 2026
Région parisienne
Double action de Carême 2026
Comme chaque année, l’Entraide luthérienne à Paris nous invite, durant le temps du carême, à soutenir deux actions de présence chrétienne au cœur des blessures de notre monde : au près, le réaménagement de chambres d’hébergement d’urgence du Casp ; au loin, le soutien à l’hôpital anglican Al-Ahli à Gaza. Ces réalités, que l’actualité nous rappelle, nous touchent et nous appellent à les confier au regard bienveillant de Dieu.
Du synode aux décisions : le conseil régional à l’ouvrage
Région parisienne
Du synode aux décisions : le conseil régional à l’ouvrage
Le 17 janvier, le conseil régional s’est réuni… et, le même jour, les services régionaux étaient rassemblés. Deux mois après le synode régional de Dourdan (21-23 novembre 2025), on a vu le passage du « cap » au concret : un poste qui s’ouvre, des chiffres qui obligent, un cadre commun qui se précise.
Le Paris protestant aux rencontres européennes de Taizé
Région parisienne
Le Paris protestant aux rencontres européennes de Taizé
Pour le Nouvel An, près de 10 000 jeunes ont convergé de toute l’Europe vers Paris à l’invitation de la communauté de Taizé. Les Églises chrétiennes de toutes confessions les ont accueillis. Côté protestant, des ateliers ont eu lieu dans les temples réformés de l’Étoile, de Pentemont-Luxembourg, de Montparnassse-Plaisance, du Marais, du Saint-Esprit et chez les diaconesses de Reuilly. Le soir, les participants étaient réunis à l’Arena de Bercy. En plus des chants de Taizé dans toutes les langues, le livret contenait le Psaume 92 « Oh que c’est chose belle… », qui a été entonné avec de drôles d’accents !
Quand la savane est en feu
Région parisienne
Quand la savane est en feu
Le brouhaha devient insupportable. Tout le monde commente tout, tout le temps. Chaînes d’information continu, « ragots asociaux », politiques, on réagit avant d’avoir compris, on parle avant d’avoir écouté. Mais qui écoute vraiment ?
À la rencontre, redécouvrir Dorothée Sölle, mystique engagée
Région parisienne
À la rencontre, redécouvrir Dorothée Sölle, mystique engagée
Écho de la première conférence de la série « Penseuses protestantes pour agir aujourd’hui » (15 janvier), consacrée à « Dorothee Sölle, théologienne allemande, mystique engagée au cœur du monde », par la pasteure Géraldine Walter.