Spiritualiser la vie quotidienne

On croyait le Moyen-Orient animé de tensions presque vivables avec les récents contacts pouvant mener à une paix durable. C’était sans compter les acteurs les plus barbares, militaires surentraînés déguisés en civils. Par eux pleure l’humanité, juive, chrétienne, musulmane. Par eux, l’humain a perdu une part de son âme, l’empathie. Nul ne sait dès lors ce qu’il adviendra.

En France, on croyait éloigné le spectre des attentats. Force est de constater que la violence est de retour avec son lot d’antisémitisme, par le biais du terrorisme mais aussi des abjections quotidiennes devant des synagogues. Par elles, la société perd là aussi une part de son âme. Quel rôle peuvent jouer les Églises dans ce monde, aujourd’hui en déséquilibre ? De très belles déclarations sont intervenues de la part des responsables de toutes obédiences, chaque paroisse a également su marquer ces moments.

 

Des cours de quoi, dites-vous ?

 

Une chose m’interpelle cependant : l’État a bien sûr réagi par ses élus, par la loi, par l’accompagnement. Mais bizarrement, une proposition a été émise à destination des élèves de la maternelle à la terminale. Il s’agit de cours d’empathie. Mesure dérisoire ou mesure ultime ?

 

On m’avait appris que l’absence d’empathie était le fait de personnes en infinie souffrance ou incapables d’appréhender la réalité à cause de la drogue ou d’une psychose profonde. On m’avait dit que les tueurs en série l’étaient devenu car ils n’avaient pas la capacité d’empathie. Dans quelle société vivons-nous donc, pour que de tels cours soient devenus indispensables ?…

 

Aux âmes, paroissiens !

 

Si je lis bien le désarroi actuel, il n’est plus question de comprendre, de patienter ou de se réunir pour réfléchir. Car l’humain se définit entre autres par sa capacité d’empathie. C’est possiblement une grande part de ce qui fait sa différence avec la bête. Si l’empathie est atteinte, l’humanité a de grands risques de n’être plus.

 

Quelle que soit sa vision géopolitique, sa culture théologique et sa tradition religieuse personnelle, chacun peut répondre à ce danger et ensemencer le monde qui l’entoure d’Humanité avec un grand H. Il suffit pour cela de correspondre à la vocation de l’Église : spiritualiser la vie quotidienne. Au regard de Dieu, chaque acte, chaque pensée est en effet de nature spirituelle : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme… » Les mots du Sinaï n’étaient pas des mots creux.

 

 

 

 

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