Festival Poésie et Foi : L’Esprit souffle où il veut

Une idée originale, un pari audacieux : le Festival Poésie et Foi organisé du 24 au 26 mai 2019 par Jacqueline Assaël (Éditions Jas sauvages), avec la paroisse protestante de Marseille Sud-Est et la librairie catholique Saint-Paul, a tenu ses promesses.

: L’Esprit souffle où il veut

Lectures d’œuvres poétiques, présentations d’auteurs, conférences thématiques, ateliers d’écriture et respirations musicales, tel fut le menu copieux et stimulant de ces trois jours, offrant une belle occasion d’éprouver les liens étroits et divers entre la Bible et la poésie, la foi et la poésie, la liturgie et la poésie, les poètes et la foi… Lectures continues et présentations d’œuvres poétiques ont fait la part belle à la poésie d’inspiration protestante, de la Renaissance (Clément Marot) à aujourd’hui (Aurélie Zygel-Basso, professeure de littérature et poète en quête d’éditeur), en passant par tous ces poètes, souvent aussi pasteurs, dans le sillage de l’épopée barthienne du milieu du XXe siècle (des plus connus comme Charles Westphal, Edmond Jeanneret, Louis Lévrier, Roger Chapal, Henri Capieu… à ceux, un peu oubliés, comme l’Alsacien Jean-Paul de Dadelsen ou le Marseillais Jean Cabriès).

 

Coup de projecteur spécial sur Jacques Ellul dont on connaît peu l’écriture poétique, notamment son Oratorio inspiré par le Livre de l’Apocalypse, et sur Francis Ponge, poète surréaliste.

 

Le Festival s’est aussi attardé sur plusieurs auteurs contemporains. Nicolas Dieterlé, poète et peintre, trop tôt disparu. Jean Alexandre, théologien, bibliste et poète. Jacqueline Assaël, Ingrid Brunstein, peintre, poète et écrivain. Michel Block, pasteur et poète tout récemment publié aux « Jas sauvages »…

 

Pasteur Christian Davaine

 

 

 

Florilège

 

Proposé par Christian Davaine

René Char :Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux.

Jean Cabriès :Il n’existe pas deux sortes de paroles : une langue divine et une langue humaine, un seul et même flot circule et frémit sur la terre : la parole des hommes ; avec l’écume, avec le sel.

Francine Carrillo :On croit toujours que la vie est derrière, grandir n’est pas fuir mais choisir, élire son orient, consentir au vent qui souffle où il veut.

Jean-Paul de Dadelsen :Seul, sans recours, il faut fermer les yeux, et tout au fond du noir creuser vers Dieu.

Jacqueline Assaël :Lors du big-bang où Dieu s’est fragmenté, un éclat mauve s’est fiché comme un coin entre deux feuilles de silence.

Aurélie Zygel-Basso :Au jardin de la chair sur notre cœur greffée, Ta Parole s’écrit, signes de vent léger, racine nourricière.

Edmond Jeanneret :Matin si beau que je ne puis parler, je te regarde, et chaque mot est faux qui monte à toi de mon obscurité.

François Cheng :L’immense nuit du monde, semée de tant d’étoiles, prendrait-elle jamais sens, hors de notre regard ?

Ingrid Brunstein :Aujourd’hui, à l’aube, j’ai cru voir l’éternité. Tel un ruban mauve, limpide et soyeux, elle flotte à l’infini, au bord d’une terre encore lourde et endormie.

Jacques Ellul : Ah combien je voudrais m’en revenir au Père et retrouver en lui la paix d’œuvre remplie ! Michel Block :Ton silence est un regard qui ne fait pas semblant, vivre c’est apprendre à être regardé par un silence qui aime contre toute attente.

Jean Alexandre :Je suis enfant du monde et de tout l’univers, le reflet d’un visage et du souffle éternel.

#Spiritualité

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