En paroisse, je me sentais appelé à transmettre des connaissances bibliques, une méthode pour permettre de se confronter au texte afin d’y trouver une parole qui ouvre un horizon de sens. Je n’étais pas là pour transmettre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ; celle-ci ne se décrète pas, elle est donnée à chacun·e au détour d’une rencontre inattendue. Je me considérais comme témoin et non comme détenteur de cette bonne nouvelle.
Depuis que je suis pasteur dans une « fraternité » de la Mission populaire évangélique de France, l’objet de la transmission n’est plus le même. La mission première d’une « fraternité » est de proposer un espace de rencontre destiné à tisser des liens fraternels sur la base de l’accueil inconditionnel de chacun·e.
La Bonne Nouvelle de Jésus-Christ n’y est pas moins présente. Cependant, le plus souvent, elle n’advient pas par la médiation du texte biblique, mais au cœur d’une relation où se conjuguent accueil bienveillant et écoute sans jugement.
Loin de moi l’intention d’opposer les deux démarches, d’une part parce qu’elles sont complémentaires, d’autre part parce que, dans la réalité, on les trouve toutes les deux, dans une « fraternité » comme dans une paroisse, mais avec des accentuations différentes.
L’apôtre Paul encourage Timothée (2 Timothée 1.6-14) à ne pas avoir honte de transmettre le legs qu’il a reçu : ce legs est davantage qu’un enseignement. Il est un dynamisme qui est de l’ordre de la confiance et de la grâce ; elles ne sont pas en notre possession, mais nous sont données dans le partage les uns avec les autres.
