Une attente de partage

Nicole Fabre, pasteur, intervient au sein de plusieurs hôpitaux de Lyon, dans le cadre d’aumôneries œcuméniques. Elle visite les protestants qui lui sont signalés et les patients de toutes convictions dont le personnel pense qu’une visite pourrait leur être bénéfique.

Pour évoquer la dimension interreligieuse, je vais parler des contacts avec des musulmans, car, du côté des patients de confession juive, les familles prennent beaucoup de choses en charge. Là où il n’y avait pas d’aumônerie musulmane, on m’a parfois indiqué des personnes à visiter. J’ai remarqué à quel point les musulmans sont touchés que des chrétiens, ou des Français lambda, parlent de leur foi. Un jour, une femme, qui était avec une amie, m’a demandé de rester et m’a parlé de manière très profonde. Elle s’interrogeait sur leur venue en France et l’inculturation de ses enfants. Une autre fois, une cadre de l’hôpital m’a suggéré de rendre visite à un patient musulman qui avait renvoyé vertement une visiteuse voilée. Quand on demande à des patients musulmans s’ils veulent voir l’imam, ils expriment une grande perplexité. La réponse est souvent négative, parce qu’ils ne savent pas de quel « bord » ou de quel pays sera leur visiteur.

 

Peut-être parce que leur foi musulmane est tellement caricaturée par les intégristes, ces croyants sont heureux de pouvoir mettre en mots quelque chose de différent et que ce soit entendu. Il leur importe que des personnes non musulmanes affirment que leur maladie ou leur accident n’est pas une punition de Dieu, mais une épreuve que Dieu peut leur donner les moyens de traverser. Ils apprécient aussi la diversité des protestants, qui portent une foi profondément personnelle et pas seulement collective.

 

Là où une aumônerie musulmane s’est constituée, le dialogue se noue alors avec les visiteurs, et plus avec les patients. Ils passent de quelque chose de rituel à un partage sur la foi qui fait tenir dans l’épreuve.

 

 

 

 

 

#Actualité #Dossiers #Hôpital #Maladie #Nicole Fabre #Spiritualité #Visite

Nos titres

Échanges
Ensemble
Le Cep
Le nouveau messager
N°446 - juin 2020
Le Protestant de l'Ouest
Le Ralliement
Liens protestants
Paroles protestantes Est-Montbéliard
Paroles protestantes Paris
Réveil

Pour aller plus loin

Vosges-Meurthe : Saint-Dié, Raon-L’étape, Senones et Baccarat
Dossiers
Vosges-Meurthe : Saint-Dié, Raon-L’étape, Senones et Baccarat
Un peu de géographie : notre paroisse, située sur les contreforts des Vosges dans le bassin de la haute Meurthe, est constituée des paroisses de Saint-Dié des Vosges et de Raon-Senones-Baccarat.
Protestants à Besançon : mémoire d’une minorité, foi en chemin
Dossiers
Protestants à Besançon : mémoire d’une minorité, foi en chemin
L’histoire des protestants de Besançon et de ses environs, du Pays de Montbéliard à la Suisse voisine, est riche et contrastée. Elle est marquée par des élans spirituels, des périodes de violence et d’exclusion, mais aussi par une fidélité durable, des reconstructions discrètes et un fort engagement social et éducatif. Se souvenir de ce passé ne relève pas seulement de l’histoire : il éclaire l’identité présente et ouvre des perspectives pour l’avenir.
Meuse-Sud : Bar-le-Duc et Saint-Dizier
Dossiers
Meuse-Sud : Bar-le-Duc et Saint-Dizier
Sauvés de l'extinction par les Alsaciens ! C’est au XVIe siècle que le protestantisme apparaît dans cette région, mais il disparaît rapidement suite aux répressions initiées par la Contre-Réforme.
Protestants dans le Jura : racines et renouveau
Dossiers
Protestants dans le Jura : racines et renouveau
De la Réforme jusqu’au début du XIXe siècle, aucune présence protestante durable n’est attestée dans le Jura. Cette situation s’explique par l’histoire politique et religieuse de la région.
Dijon : une présence rompue et reconstruite
Dossiers
Dijon : une présence rompue et reconstruite
En Bourgogne, les premières traces du protestantisme apparaissent vers 1530, par la diffusion de livres et l’arrivée de personnes « soupçonnées d’hérésie » (vaudoise ou luthérienne), sévèrement réprimées.
Épinal-Thaon : à travers les épreuves
Dossiers
Épinal-Thaon : à travers les épreuves
Au XVIe siècle (1544-1580), quelques habitants d’Épinal adhèrent à la Réforme sans pouvoir fonder d’Église, en raison de la politique répressive des ducs de Lorraine, fervents défenseurs de la Contre-Réforme. Environ quarante protestants s’exilent alors vers des terres acquises à la Réforme, notamment Strasbourg, Genève, Sainte-Marie-aux-Mines ou Montbéliard.
Montbéliard, une terre de réforme
Dossiers
Montbéliard, une terre de réforme
Le protestantisme s’implante dans la région de Montbéliard dès les débuts de la Réforme. Contrairement à la Suisse voisine, où la Réforme naît d’un large mouvement populaire, son adoption à Montbéliard résulta d’une décision politique : le comté était alors rattaché au Wurtemberg, dont le prince choisit d’introduire la nouvelle foi.
Belfort-Giromagny : L’enjeu de l’accueil
Dossiers
Belfort-Giromagny : L’enjeu de l’accueil
À l’époque de la Réforme, Belfort, sous domination habsbourgeoise, reste catholique, contrairement au Pays de Montbéliard voisin, converti au protestantisme.
Vésoul, entre héritage et défis contemporains
Dossiers
Vésoul, entre héritage et défis contemporains
Dès 1841, un document atteste l’existence d’une communauté protestante à Vesoul, fondée par trois artisans suisses ; les premiers cultes se tiennent au domicile de l’un d’eux. En 1842, la duchesse Hélène d’Orléans, protestante, offre à la jeune paroisse un service de communion en métal argenté, sur recommandation du pasteur Cuvier.