Une chronologie du deuil

Le parcours de deuil est jalonné par la confrontation à des réalités incontournables qui sont autant de seuils à franchir pour avancer.

La présence (ou absence) du conjoint au moment de la mort change le rapport au décès lui-même. La qualité des derniers instants, la prise en charge de la douleur vont être des éléments marquants. Ces derniers instants de vie restent ancrés dans la mémoire et seront souvent racontés.

 

Les quelques heures après le décès, l’effervescence des choses à faire mobilise l’attention. L’activité met une sorte de limite à la douleur et permet à la personne veuve de survivre à ces premiers jours.

 

Le deuil est un chemin qui prend du temps, jalonné d’étapes nécessaires (© Nile / Pixabay)

 

 

 

Pour les chrétiens, comme pour les autres, la participation à un rituel collectif concourt au travail de deuil. Le sens des rites est l’inclusion dans un réel commun, il permet de passer du solitaire au solidaire, comme l’exprime Saint-Exupéry : « Les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace. »

 

Les démarches administratives peuvent être complexes et longues. Les chicanes administratives sont à la fois une bataille fatigante un peu inhumaine et l’occasion d’entrer dans la lutte de la vie, de rester vivant.

 

Les lettres de condoléances viennent remplir un rôle important pour le tissu social au moment de la perte de l’être aimé et donc d’un manque affectif. Ces lettres seront relues souvent comme autant de preuves de la bonne image qu’a laissé le défunt et des appuis amicaux sur lesquels peut s’appuyer le veuf/veuve.

 

Les écrits du défunt, ses souvenirs, les lettres d’amour d’un couple peuvent être un bon support, en cas de veuvage, pour repenser à la relation et se nourrir de l’aspect positif de tout ce qui a pu être partagé.

 

Trier tout de suite les affaires personnelles du défunt, les habits et les objets, est moins douloureux. Pourtant, les trier lentement au fil des mois est une façon de poursuivre un dernier bout de route avec le défunt, pour l’intégrer en soi ; démarche plus longue et douloureuse, mais bénéfique.

 

 Ce n’est pas un hasard si le judaïsme propose aux croyants de dire la prière du Kadish chaque jour pendant un an : la première année pose beaucoup de sensations de fragilité ; le premier Noël sans lui, les premières vacances… Tout un calendrier à apprivoiser avec un terrible manque.

 

À chaque anniversaire, le souvenir du deuil se fait sentir. L’entourage devrait oser marquer le souvenir ensemble, pas forcément de façon triste, mais en se donnant l’occasion de parler du défunt et du travail de deuil que chacun effectue, en particulier lors du premier anniversaire.

 

Rien de plus dur que de s’obliger à vivre les fêtes quand on est en veuvage ! Une période de rejet de la joie superficielle et de grande solitude intérieure est incontournable.

 

On ne peut pas employer l’expression clôture du deuil, comme si la question était réglée. Quand la période de grosse souffrance est achevée, il reste des traces, des douleurs ponctuelles et une cicatrice. La durée du deuil du veuvage est bien plus longue qu’on ne croit. Pour quelques-uns, le deuil restera jusqu’au bout de leur vie. Si certains chercheront rapidement un nouveau conjoint, par besoin d’échapper à la solitude, il est courant que la relation de ce nouveau couple soit impactée par ce deuil non terminé et la présence fantomatique du premier partenaire.

 

 

 

 

 

#Dossiers

Nos titres

Échanges
Ensemble
Le Cep
Le nouveau messager
N°446 - juin 2020
Le Protestant de l'Ouest
Le Ralliement
Liens protestants
Paroles protestantes Est-Montbéliard
Paroles protestantes Paris
Réveil

À la découverte des protestants en région

Pour aller plus loin

L’homme qui a vendu le monde
Les réseaux sociaux et l'Église 2.0
L’homme qui a vendu le monde
Les réseaux sociaux se proposent de répondre à des besoins qu’ils ont amplifiés et transformés. Retour sur l’histoire de Facebook, modèle de tous ceux qui existent aujourd’hui.
Un fil à la patte
Les réseaux sociaux et l'Église 2.0
Un fil à la patte
Il peut paraître paradoxal à l’ère de la connexion sans fil de se sentir à ce point relié, ficelé et presque entravé, par notre pratique des réseaux sociaux. Cette camisole numérique, est-il possible de s’en extraire ? Quelque chose en nous résiste, qui ne va pas de soi et évoque la dépendance, voire l’addiction.
Pasteurs du dimanche
Les réseaux sociaux et l'Église 2.0
Pasteurs du dimanche
Pasteurs du dimanche est une initiative née du désir de transmettre l'amour des écritures en format vidéo courte, publiée toutes les semaines. Mais avec l'évolution des réseaux sociaux, s'adapter devient un défi.
Derrière le fil, la machine
Les réseaux sociaux et l'Église 2.0
Derrière le fil, la machine
On continue de parler de « réseaux sociaux », comme si ces plates-formes servaient d’abord à voir ce que publient nos proches. Ce n’est plus tout à fait vrai. À la sociabilité des débuts s’est ajoutée une logique plus « parasociale », centrée sur des créateurs suivis par des abonnés. Puis les contenus eux-mêmes sont devenus les vraies unités mises en concurrence. Sur TikTok, Instagram, YouTube ou Facebook lui-même, ce qui structure d’abord l’expérience, ce n’est plus le réseau de relations, mais le flux de contenus recommandés.
Ingérences étrangères
Les réseaux sociaux et l'Église 2.0
Ingérences étrangères
L’élection présidentielle américaine de 2016 a révélé au monde entier l’ingérence russe à travers les réseaux sociaux. Des opérations de déstabilisation qui n’épargnent pas les démocraties européennes, malgré des tentatives de régulation.
Quand l’Église Protestante Unie de France défie les algorithmes
Les réseaux sociaux et l'Église 2.0
Quand l’Église Protestante Unie de France défie les algorithmes
Entre nécessité de visibilité et quête de sens, l’Église protestante unie de France (EPUdF) a massivement investi les réseaux sociaux. Si la présence numérique est devenue un pilier du témoignage chrétien au XXIe siècle, elle soulève aujourd’hui des interrogations éthiques majeures : peut-on réellement évangéliser par écrans interposés sans y perdre son âme ?
Se sentir appelé
Faire face au manque de pasteurs
Se sentir appelé
Un dimanche – j’avais une douzaine d’années – j’ai lu durant le culte le texte biblique, à la demande du pasteur. À la sortie, un homme qui m’était inconnu, est venu me serrer la main : « Monsieur, vous serez pasteur ou avocat ! »
Former des animateurs de culte et des prédicateurs laïcs
Faire face au manque de pasteurs
Former des animateurs de culte et des prédicateurs laïcs
Aujourd’hui, nous manquons de pasteurs : la plupart des églises locales vivent au moins une vacance pastorale. La solution : des cultes dominicaux assurés par des paroissiens ?
Les ministères particuliers à l’UEPAL
Faire face au manque de pasteurs
Les ministères particuliers à l’UEPAL
L’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal), dont les pasteurs sont rémunérés par l’état, n’échappe pas à la baisse des effectifs pastoraux. Pour y faire face, elle a notamment mis en place des ministères particuliers.