Les villes refuges

Dans un monde où les États se désengagent, oubliant même les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des municipalités, des villes entières ont décidé de pallier à ces manquements.

En 1991, Pierre Bourdieu appelle à la création d’une « internationale des intellectuels », susceptible d’organiser une solidarité concrète avec les écrivains menacés, dans leur travail et dans leur être, par de nouvelles formes de censure : en Afghanistan la lecture des Mille et une Nuits est prohibée ; aux USA, des groupes fondamentalistes interdisent la lecture de Steinbeck…

 

En novembre 1993, Toni Morisson, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida, Salman Rushdie et Édouard Glissant annoncent la création du Parlement international des écrivains (qui sera dissout en 2005), lors d’une séance du Carrefour international des littératures. Le principe de la ville-refuge permet alors aux écrivains d’obtenir un logement et une bourse versée par la municipalité accueillante. Cela va au-delà du simple droit d’asile. L’acte de solidarité permet à l’écrivain de continuer à travailler et à publier. Vingt-cinq villes ont répondu à l’appel dont Berlin, Strasbourg, Caen, Venise, Göteborg, Helsinki.

 

© Lucile

Vieilles comme le monde

 

L’idée de la ville refuge est presque aussi ancienne que le monde. Les hommes ont toujours eu besoin de se protéger d’eux-mêmes. Quédech, Sichem, Hébron, Besser, Ramoth et Golan sont les six villes refuges indiquées par Dieu à Moïse puis à Josué. Elles appliquent un droit d’asile qui évite la surenchère de la violence et de la vengeance, la loi de Moïse autorisant les parents d’une victime à tuer le responsable d’une mort accidentelle. Les accusés s’y abritent le temps de leur jugement, ce qui rend possible une justice communautaire et non personnelle.

 

Le Moyen Âge, en Europe, est l’âge d’or du droit d’asile. À l’intérieur des murailles de certaines villes, les serfs deviennent un homme ou une femme libre. Même au temps du droit féodal, les chartes des villes leur donnent un pouvoir et une indépendance vis-à-vis du pouvoir seigneurial. En ces murs, la cité est franche.

 

Puis le pouvoir monarchique uniformise le droit et prend le pouvoir. C’est l’État qui dirige.

 

 

 

 

 

 

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