Accepter d’être accueilli pour accueillir

J’aime beaucoup l’ambiguïté du mot hôte en français.

Sans contexte, il est absolument impossible de déterminer si notre interlocuteur est la personne qui accueille ou la personne qui est accueillie… Notez que cela fonctionne aussi avec le féminin hôtesse, ce qui est une bénédiction – l’accueil ne fait pas de distinction sexiste ! Hôte qui reçoit ou hôte qui est reçu : il y a finalement une interchangeabilité dans le sens comme si l’une et l’autre de ces positions n’étaient au fond qu’une seule et même disposition d’être.

 

La plus jeune de mes filles hésite et trébuche encore avec les auxiliaires être et avoir lorsqu’elle doit utiliser le passé composé et il arrive qu’elle dise un « je m’ai trompé » ou un « je m’ai fait mal »… Au fond, qu’elle se trompe ou qu’elle se fasse mal, la confusion vient surtout de la difficulté à saisir si dans ce qui lui arrive (de l’ordre de l’erreur ou de la chute) elle est sujet ou objet de ce qui se passe… Et en effet, comment comprendre cette subtilité de la langue française qui transforme l’erreur en un verbe réfléchi : se tromper. Comme si volontairement je – en tant que sujet – choisissait de tromper moi – en tant qu’objet ? Adèle soutient au fond une forme de logique : l’erreur ne peut m’advenir que de l’extérieur : « je m’ai trompé » n’est-il finalement pas parallèle à « on m’a trompé » ?

 

Il y a finalement ce même jeu entre le sujet et l’objet de l’accueil, dans le mot hôte. Celui qui accueille comme celui qui est accueilli ; celui qui est accueilli comme celui qui accueille. Ne doit-on pas finalement être dans une forme de disponibilité à l’autre pour pouvoir l’accueillir ? Autrement se mettre soit même en position d’être accueilli, de se déposséder de quelque chose, pour qu’un espace existe entre nous et que la rencontre devienne possible ? Et finalement, par qui d’autre que par Dieu sommes-nous accueillis ?

#Dossiers #L’accueil en chantier

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

L’accueil en paroisse, à réinventer sans cesse
L’accueil en chantier
L’accueil en paroisse, à réinventer sans cesse
Comment accueillir sans donner l’impression de « mettre le grappin » sur un nouveau visage ?
Ensemble, c’est mieux !
L’accueil en chantier
Ensemble, c’est mieux !
Elle accepte d’héberger une jeune femme en difficulté, puis une autre, puis des étudiantes... L’accueil a finalement redonné un sens à la vie de Jeannine, qui a tout juste quatre-vingt-dix ans.
La Maison verte
L’accueil en chantier
La Maison verte
Le concept anglais d’inclusivity désigne une théologie, une pratique et un mouvement affirmant le caractère inconditionnel de l’amour de Dieu incarné en Jésus-Christ. La Maison verte veut mettre en pratique l’accueil de ceux qui ne sont accueillis nulle part ailleurs.
Toulouse ouverture —TO7
L’accueil en chantier
Toulouse ouverture —TO7
TO7 est le centre d’un grand mouvement de solidarité, d’entraide, de rapprochement entre des habitants du Mirail, à Toulouse, et des autres quartiers. C’est aussi un « lieu pour rien » où se tissent des liens de solidarité. Un lieu d’accueil protestant, qui tient à son fonctionnement laïque.
Le Promontoire
L’accueil en chantier
Le Promontoire
Qu’est-ce qui a poussé un couple de Néerlandais, elle pasteure dans une paroisse alsacienne, lui philosophe, à acheter une grande maison sur une des crêtes vosgiennes pour l’ouvrir aux rencontres diverses ? Leur initiative et toute la réflexion sur l’hospitalité qui la motive ouvrent des pistes sur l’avenir de notre Église.
Familles d’accueil
L’accueil en chantier
Familles d’accueil
Accueillir à demeure des enfants ou, comme cela se fait plus récemment, des personnes âgées, est un métier. Il exige une qualité de relation à l’autre en difficulté souvent enrichissante, parfois éprouvante.
Les villes refuges
L’accueil en chantier
Les villes refuges
Dans un monde où les États se désengagent, oubliant même les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des municipalités, des villes entières ont décidé de pallier à ces manquements.
Une famille élargie
L’accueil en chantier
Une famille élargie
Nous étions en contact régulier avec des membres de la Cimade et avions donné notre accord pour loger temporairement, le cas échéant, un mineur isolé. Et un jour, il a fallu passer de l’accord de principe à l’accueil effectif d’une jeune fille africaine à la rue.