Œcuménisme à 360 °

Le pontificat du pape François est en train de changer profondément le paysage œcuménique. Il prend vraiment au sérieux ses interlocuteurs, sans faire une hiérarchie entre partenaires de première et deuxième division.

Depuis la fameuse déclaration vaticane Dominus Iesus d’août 2000, comme protestants, nous avions la sensation d’être cantonnés à l’échelon le plus bas du « classement œcuménique » (du point de vue catholique) : en tête étaient les orthodoxes, suivis par les anglicans et — tout au fond — nous, les « Communautés ecclésiales » protestantes qui « ne sont pas des Églises au sens propre » (Dominus Iesus, n° 17).

 

 

 

Oser la rencontre

 

Tout cela est en train de changer avec François. Je voudrais donner trois exemples, à partir du point de vue de la minorité protestante en Italie. Le premier est la visite de Bergoglio à l’Église vaudoise de Turin, en juin 2015. Ce n’était pas la première visite d’un pape à une Église protestante en Italie, mais c’était la première visite officielle à une Église protestante « autochtone ». En plus, c’était la première visite à une Église issue de la « première Réformation » du Moyen Âge (le mouvement vaudois est né de la prédication du Lyonnais Pierre Valdo au XIIe siècle). Une visite historique, donc, qui a beaucoup changé les relations œcuméniques en Italie. Dans son discours, j’ai été particulièrement frappé par la demande de pardon pour les persécutions du passé, mais aussi par la réflexion ecclésiologique de François, qui a reconnu l’existence d’une pluralité de formes d’organisation d’Église, à partir du Nouveau Testament : « l’unité qui est fruit de l’Esprit saint ne signifie pas uniformité », a-t-il dit.

 

Le pape François au temple vaudois de Turin en juin 2015
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Agir avec les autres

 

Le deuxième exemple est la visite à l’Église luthérienne de Rome (15 novembre 2015), où le pape a répondu avec une grande ouverture à une question sur l’hospitalité eucharistique, posée par une femme luthérienne, mariée avec un catholique, en faisant appel à la conscience personnelle de la femme.

 

Je voudrais mentionner ses mots lors de l’Angelus du 6 mars 2016. François venait de rencontrer une délégation vaudoise et méthodiste, qui lui avait parlé du projet œcuménique des « couloirs humanitaires » pour les réfugiés de Syrie, organisés par la Fédération protestante d’Italie et la Communauté catholique de Sant’Egidio. Dans son discours dominical, il a salué ce projet comme « signe concret d’engagement pour la paix et la vie », en se réjouissant « parce que cette initiative est œcuménique ».

 

Voilà donc un pape qui fait de l’œcuménisme à 360 °, car il ne se borne pas aux seules questions théologiques et dogmatiques, mais met en premier plan l’engagement commun des chrétiens pour la paix, la justice et la sauvegarde de la création.

 

 

 

 

 

 

 

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