Depuis plusieurs années, j’ai vu que notre catéchèse ne touchait plus vraiment. Les obstacles sont nombreux : beaucoup de familles n’ont ni culture protestante ni familiarité avec la Bible, et le mot religion évoque souvent contraintes ou dérives. Les études sur la sécularisation montrent que notre Église attire peu et nombre de personnes confondent religion et foi, comme si croire limitait la liberté de penser.
Une quête de sens toujours vivante
Pourtant, nos contemporains cherchent toujours du sens : ils questionnent la vie, le juste, le bien. Mais cette quête devient très individualiste – bien-être, accompagnements personnalisés, spiritualités sur mesure – au risque d’isoler. L’autre devient secondaire, la communauté pesante et l’Évangile paraît lointain.
En arrivant dans l’ensemble, le très faible nombre d’enfants à la catéchèse m’a de nouveau interrogée : comment transmettre aujourd’hui sans imposer un savoir mais en ouvrant un chemin accueillant ? Comment inviter à une expérience plutôt qu’à des réponses toutes faites ?
Quand la Bible devient ressource
La notion de ressource, développée par François Jullien, m’a éclairée : la Bible peut être reçue comme une ressource, non comme un dogme figé. Cette intuition rejoint Hartmut Rosa : la vie se nourrit de résonances, de relations qui nous transforment. Or, catéchèse signifie justement « faire résonner ».
J’ai donc mis en place une catéchèse partant d’expériences humaines – le vivre-ensemble, la joie, l’écoute, la solidarité, l’attention aux fragiles – puis nous ouvrons la Bible comme une source qui éclaire et appelle. La foi apparaît alors non comme une contrainte, mais comme un mouvement, une relation, une invitation à vivre plus pleinement.
Il s’agit d’offrir à chacun·e un espace pour trouver sa place, en se laissant rejoindre par une Parole qui met en mouvement : celle d’un dieu qui nous veut uniques, libres et aimés, et qui appelle nos vies à devenir des lieux de rencontre et de transformation.

