Dijon : une présence rompue et reconstruite

En Bourgogne, les premières traces du protestantisme apparaissent vers 1530, par la diffusion de livres et l’arrivée de personnes « soupçonnées d’hérésie » (vaudoise ou luthérienne), sévèrement réprimées.

À partir de 1550, les idées calvinistes venues de Genève se diffusent dans les villes de l’ancien duché de Bourgogne, donnant naissance à des communautés protestantes. Théodore de Bèze, natif de Vézelay et établi à Genève, envoie des pasteurs à la demande des nouveaux convertis. La diffusion des écrits de Calvin et le chant des psaumes entraînent une répression des autorités locales e t du Parlement de Bourgogne ; les cultes ne sont alors tolérés qu’à la périphérie des villes, comme à Is-sur-Tille pour Dijon.

Après la Saint-Barthélemy (1572), la répartition des paroisses, appelées consistoires, se stabilise. Les guerres de Religion touchent peu la région. Jusqu’à la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685, la vie protestante reste organisée : synodes régionaux, cultes réguliers et présence dans toutes les couches de la société.

La Révocation entraîne toutefois la disparition totale du protestantisme en Bourgogne : exil, conversions forcées, destruction des temples et cimetières, confiscation des livres et transfert des registres d’état civil. Il n’existe donc aucune continuité entre le protestantisme du XVIIe siècle et sa reconstitution au XIXe.

À Dijon, une nouvelle communauté se forme à partir de 1825 ; le premier culte public a lieu en 1828. La population protestante croît tout au long du siècle et Dijon devient siège du consistoire en 1852. Le temple actuel est inauguré en 1898, l’un des deux seuls du département avec celui de Beaune.

Les protestants dijonnais viennent majoritairement d’ailleurs : pour des raisons professionnelles, universitaires ou politiques, parfois de l’étranger. Certains sont héritiers de traditions protestantes diverses, d’autres sont convertis. Peu sont directement liés à l’histoire protestante bourguignonne.

Au XIXe siècle, l’arrivée de nouveaux fidèles et de protestants venus d’autres régions a permis la reconstitution des Églises réformées et leur rattachement à une union nationale. Cet héritage invite aujourd’hui à bâtir l’avenir : non seulement préserver des bâtiments, mais surtout construire des communautés vivantes, diverses par leurs origines et leurs parcours, appelées à vivre et témoigner ensemble de leurs convictions chrétiennes.

 

Le temple de Dijon

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