Le ministère de diacre

Le Synode national de notre Église vient de décider de la création d’un ministère de diacre pour une période d’expérimentation de cinq ans. Qu’est-ce qu’un ministère de diacre et à quoi cela sert-il ?
Trois questions à... Marie-Pierre Cournot

Marie-Pierre Cournot est pasteure de la paroisse parisienne de
Montparnasse-Plaisance dans le 14e arrondissement ©DR

D’abord, c’est un ministère, au même titre que le ministère de pasteur·e, mais un ministère différent. 

 

Selon la constitution de l’EPUDF, toutes les personnes baptisées participent à la mission que le Seigneur confie à l’Église universelle : annoncer, servir et vivre l’Évangile auprès de tous les êtres humains. Pour former ses membres et les fortifier à cette fin, et pour concourir à l’annonce de l’Évangile, l’Église protestante unie de France discerne des ministères, dont les ministères personnels, exercés essentiellement par les pasteur·es en paroisse (mais aussi par les aumônier·es ou les enseignant·es de l’Institut protestant de théologie) et donc sous peu aussi par les diacres. 

 

En tant que ministre de l’EPUDF, les diacres seront inscrit·es au rôle des ministres, dans une section différente de celle des pasteur·es. 

 

La spécificité des diacres, c’est que leur ministère s’exercera dans un domaine particulier, par exemple la musique, la jeunesse, le handicap ou les personnes âgées, alors que les pasteur·es sont des ministres généralistes et polyvalents, même si chaque pasteur·es a bien sûr ses charismes et ses domaines de compétences personnels. Le diacre n’est donc pas là ni pour se substituer au pasteur·e ni pour faire office de deuxième pasteur·e. 

 

Les évolutions de la société qu’on le veuille ou non ont influencé l’Église et les personnes à qui elle s’adresse. On assiste à une demande de plus en plus importante de compétences techniques et professionnelles dans un large champ de domaine. Bénéficier de personnes qui allient ces types de compétences et la volonté de les mettre au service de l’annonce de l’Évangile et de s’y investir pleinement, c’est-à-dire en faire son activité principale, ne peut être qu’une chance pour notre Église. 

 

Les diacres ne seront pas salarié·es, ils auront le même statut juridique que les pasteur·es et seront payé·es comme les pasteurs par la région concernée. Toutes les personnes qui travaillent actuellement dans nos paroisses ne sont pas forcément concernées par cette expérimentation. Par exemple, les personnes qui assurent le secrétariat ou l’entretien resteront dans leur statut actuel. 

 

Pour être diacre, il faudra suivre une formation diplômante de deux ans à l’Institut protestant de théologie, articulant enseignement universitaire et mise en pratique sur le lieu d’exercice. Des compétences dans un domaine particulier seront aussi nécessaires, en fonction du profil du poste (musique, jeunesse, handicap …). Il reviendra à la Commission des ministères de discerner la vocation de la personne avant l’entrée dans la formation puis, au bout d’un an, d’exercice après la formation. 

 

Tout cela n’est pas très clair ? Normal, c’est une expérimentation?! Et une expérimentation, ça sert justement à tester un projet, à l’ajuster, à l’affiner, à le développer. 

 

La balle est dans le camp des paroisses, des consistoires et des régions : il leur revient de discerner en leur sein les personnes, les charismes et les besoins et de les proposer aux conseils régionaux, qui évaluent le lien entre le projet et l’annonce de l’Évangile. 

 

Les pasteur·es ne sont ni tout-puissants ni tout-compétents. Le principe biblique du sacerdoce universel nous dit, depuis la Réforme, que les pasteur·es ne confisquent pas l’annonce de l’Évangile, alors vivons-le pleinement avec ce nouveau ministère ! 

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