Deux questions sur Caulmont
Depuis quand Caulmont est-elle arrivée en Centre-Alpes-Rhône ?
Depuis cinq ans, la maison de Caulmont est située à Mars, sur la montagne ardéchoise. Mais en fait, Caulmont est arrivé en 2007 à Devesset après avoir passé de longues années en Normandie (1976 – 2005). Pour être tout à fait complet, l’origine de Caulmont remonte à 1970 et se situe dans l’Oise et le prieuré de Caulmont où les fondateurs vivent leur retraite se trouve à Saint-Pierre-la-Mer.
Alors on dit : communion ou communauté de Caulmont ?
Caulmont a d’abord été fondé comme une communauté de vie : dans l’élan de mai 68 des étudiants veulent vivre ensemble le projet. Ils et elles sont soutenu·e·s par un réseau : la communion. Si cette communion a traversé les années, la vie communautaire, elle, a beaucoup varié. Elle est passée de deux à sept adultes et de quatre à onze enfants selon les époques. Aujourd’hui la vie communautaire est partagée quand les membres de la communion se regroupent, mais il n’y a qu’une famille à Mars et qu’un couple à Saint-Pierre-la-Mer. La communion de Caulmont est donc bien vivante et la communauté intermittente.

Œcuménisme et écospiritualité à Caulmont
Caulmont est une communion œcuménique. L’unité est pour nous fondamentale, et nous déployons notre œcuménisme en permaculture.
Un des principes de la permaculture est de développer l’effet lisière. Cet effet vient souligner que l’interface entre deux milieux est génératrice de plus de vie qu’un milieu seul. Ainsi un design en permaculture se doit de repérer et de valoriser cet effet lisière, appelé encore effet bordure. Que ce soit une lisière entre un bois et un pré, une clairière au milieu d’une forêt, les rives d’un cours d’eau ou l’écorce d’un arbre : toutes ces bordures sont propices à la rencontre du vivant et à son foisonnement. La lisière est un système complexe, une interface et un lieu de co-existence. Nous pouvons penser aussi à la peau, lisière de nos corps, accueillant moustiques ou caresses. La bordure est le lieu de la rencontre et de l’accueil. Pour qu’il y ait une lisière, il faut un vrai bois et un vrai pré, pour qu’il y ait une rive, il faut qu’il y ait une vraie surface d’eau et une vraie terre. Le lieu de la rencontre n’est pas un lieu de dissolution qui ferait perdre leurs identités aux éléments qui se rejoignent. Mais en plus d’avoir besoin de chacun des éléments, le lieu de la rencontre est un lieu d’abondance : plus de biodiversité, plus de vie qu’ailleurs.
Caulmont se définit aujourd’hui comme une communion œcuménique. C’est dire que Caulmont n’est ni une Église, ni une paroisse, ni un mouvement, mais un lien, une lisière, une bordure. Cette communion s’inscrit comme une bordure entre nos Églises, une zone d’interface, d’accueil, et de rencontre. Aussi, la seule obligation pour adhérer à Caulmont, prend alors tout son sens : nous demandons à chacune, chacun de nos membres d’être obligatoirement membre d’une Église et d’en demeurer solidaire. Alors, l’œcuménisme n’est pas une option, mais c’est bien plus notre manière d’être au monde et de le rendre plus habitable.
Être une lisière pour œuvrer ensemble à la réconciliation dans une unité vivante. Caulmont tente de construire une communion fraternelle tissée par la même foi en Jésus Christ. Et l’unité à Caulmont, comprise comme œuvre de réconciliation, fait aussi sens vers toute l’humanité et même vers toute la création et ouvre à une dimension éco-spirituelle. L’éco-spiritualité invite à comprendre que Dieu, l’être humain et le monde sont distincts, mais forment une unité. Exemple de cette compréhension, Michel Maxime Egger écrit :
« Nous sommes enfants à la fois de Dieu, des étoiles et de la terre. Nous partageons une communauté d’être et de destin avec la création (…). L’écospiritualité nous appelle à accomplir cette union – non fusionnelle – entre l’être humain et la nature et à “aimer la terre comme soi-même” (La terre comme soi-même, p. 19).
L’éco-spiritualité porte elle aussi une vocation à l’unité. Une unité plus large que celle déployée par l’œcuménisme comme unité des Églises, mais non sans lien avec elle. Car faut-il s’en souvenir, l’étymologie du mot œcuménisme porte cette dimension : « ensemble de la terre habitée ». Or, pour qu’une terre soit habitée encore faut-il qu’elle soit habitable. Ainsi l’œcuménisme comme l’écologie peuvent être compris comme une manière d’être vivants, des signes des temps, noués l’un à l’autre par l’écospiritualité, ils doivent participer de l’engagement commun des Églises chrétiennes pour la justice et la paix.
Des chantiers participatifs à Caulmont
En 2026 pour avancer les travaux de la maison de Caulmont, nous proposons deux périodes de chantier : du 18 au 25 mai et du 6 juillet au 2 août (chacun vient 2, 3, 4… jours dans ces périodes)
Ces temps de chantier sont ouverts à tous, pas besoin de compétences particulières hormis d’avoir un peu d’humour. Nous aurons un lieu de couchage en dur pour quelques-uns, et des tentes sont toujours possibles pour les autres. Une seule condition : s’inscrire à communion@caulmont.fr
La page chantier du site Internet a été mise à jour, tu y trouveras notamment le programme de ce que nous avons encore à faire et tout un tas de photos du chantier 2025.
Si tu veux venir nous rejoindre à d’autres périodes… n’hésite pas à nous contacter.
Le sens d’un chantier à Caulmont : travail & partage, prière et rencontre – on manie autant la truelle que la Bible !

Journée festive : 5 juillet 2026
Caulmont fait la fête lors d’une journée de partage et de rencontre de 11 h à 18 h 15
– plus de précisions dans le Cahier 2 –
Prière
Souffle sur ce qui est en moi, fragile et démuni.
Rafraîchis-moi par ton pardon.
Dissipe mes ténèbres et ranime ma vie quand elle sommeille ou végète.
Dans les inévitables conflits des jours, apprends-moi à vivre le pardon
pour qu’en moi fleurisse ta louange comme fleurit l’amandier.
Mets en moi ton regard d’espérance et de paix, sans jugement ni condamnation.
Dans toutes les Églises et à Caulmont,
donne à chacun sa place et la joie du service de ton peuple.
Guide celles et ceux qui empruntent des chemins nouveaux
et montre l’horizon de tes merveilles
à celles et ceux qui, aujourd’hui fatigués, regardent en arrière.
Dans tout ton peuple et à Caulmont,
sois l’inspirateur de notre communion, le ferment de notre unité,
le bras infatigable de notre accueil, la source de notre prière,
le sujet de notre partage, le souffle de notre vigilance sur ta création.
Tu nous appelles, chacune, chacun, à ta liberté. C’est vrai.
– Petite liturgie domestique pour le jeudi, Caulmont –
© Caulmont
Une partie de l’équipe du chantier 2025
© Caulmont
Temps de prière durant le chantier 2025 avec les louveteaux et louvettes de passage lors de leur explo
© Caulmont
Rencontre d’été 2024
