Raphaël Combe, itinéraire d’une vocation

Il est révolu le temps où les pasteurs s’engageaient dans les études de théologie dès le baccalauréat obtenu. Aujourd’hui, de plus en plus, les candidats ont déjà connu une vie professionnelle avant de se tourner vers le ministère pastoral. C’est le cas de Raphaël Combe qui depuis 2021, mène de front activité professionnelle et études en théologie.

Délégué au synode 24 © Françoise Perrier-Argaud

La saga familiale

 

Membre d’une fratrie de trois garçons, né en 1985, il a grandi au sein d’une famille catholique, profondément mariale. Sa famille est stéphanoise depuis plusieurs générations. Il n’a vécu à Saint-Étienne que quelques années, car la maisonnée est partie dans le Sud en raison du travail du père, ingénieur, à Cannes puis à Perpignan. De ce fait, il garde un attachement tout particulier à la mer et à l’océan en général. 

 

Sa vie traverse une période chaotique à cause de difficultés personnelles et familiales, son orientation affective n’étant pas acceptée par son père. La rupture avec sa famille lui fait vivre quatre ans de galère, d’errance et de mauvaises rencontres. Le Christ l’accompagne sur ce chemin tortueux et lui souffle dans ces moments difficiles, « avance encore, moi je t’aime ».  

 

Sa scolarité est classique avec des études d’histoire, jusqu’à la licence, pour devenir professeur des écoles. Ayant échoué au concours d’entrée de l’Institut de formation des maîtres de Montpellier, il a regagné sa famille maintenant établie à Vienne. La réconciliation avec son père intervient à cette période. 

 

Raphaël a dû se résoudre à trouver un travail alimentaire tout en préparant de nouveau le concours. Puis les modalités de l’examen ayant changé, il a dû renoncer avec regret à son projet. Un peu désemparé, il a eu la chance d’être recruté au secrétariat de mairie d’un petit village où il exerçait, en parallèle de son temps partiel à la bibliothèque. Il faut savoir presque tout faire dans une petite mairie ! Il a ensuite évolué vers des postes plus ciblés en ressources humaines : recrutement puis formation, stabilisant ensuite sa vie professionnelle en entrant au conseil départemental du Rhône.

 

 

Lecteur lors de la célébration de l’Acat © Françoise Perrier-Argaud

Un chercheur de Dieu

 

En parallèle de tout cela, Raphaël n’a jamais cessé de « chercher » Dieu et cela dès son enfance. Il se rappelle lors d’un séjour à Lourdes (sa famille est catholique, même si au XVIIe siècle, certains de ses ancêtres étaient huguenots !) avoir demandé à son père de lui offrir une bible (il avait 7 ou 8 ans). Celui-ci lui avait répondu : « C’est difficile à lire ; quand tu seras plus grand. » C’est lui qui se l’achètera.

 

Au moment de l’adolescence, il rejette la religion et l’Église, mais a toujours gardé le désir de Dieu et la conscience de sa présence dans sa vie. Il reste encore impressionné par une rencontre, à l’âge de 15 ou 16 ans, avec un pasteur, par sa foi et son amour pour le Christ.

 

 

C’est à cette époque que Raphaël approfondit sa foi. Il retrouve à 20 ans sa place dans l’Église catholique et poursuit son chemin de découverte du Christ, notamment avec la mission étudiante. Il finit par demander à faire sa confirmation, à Lyon en 2014. Il s’investit au sein de diverses associations, inclusives, catholiques ou à caractère œcuménique. Il monte à Givors une branche de l’association des Petits Frères des Pauvres en faveur des personnes âgées isolées en organisant des visites à domicile et des sorties. En 2012, il devient membre de la Communion Béthanie, qui se définit comme une communauté contemplative œcuménique, centrée sur la prière et la fraternité ouverte aux homosensibles et transgenres. Parallèlement, plusieurs sujets l’interrogent au sein du catholicisme, pour lesquels il ne trouve pas de réponse satisfaisante : notamment le ministère ordonné et les sacrements.

 

 

Reconnaissance du ministère du conseil presbytéral © Françoise Perrier-Argaud

Le Covid élément déclencheur

 

2020, le Covid bouleverse la vie de tous. À ce moment-là, Raphaël se demande : « Qu’est-ce qui compte vraiment ? Qu’est-ce qui est important pour toi dans cette vie ? »  Commence alors ce qu’il appelle le « grand nettoyage », c’est-à-dire abandonner tout ce qui ne fait plus sens. Et finalement il s’aperçoit être bien plus protestant que catholique ! Il rejoint alors la communauté de Vienne-Roussillon-Saint-Vallier (avec les cultes téléphoniques durant le confinement !) et, en 2021, il célèbre son accueil au sein de l’EPUdF. Une grande étape dans sa vie ! Il trouve sa place, petit à petit, étudie la théologie pour « reprendre les bases » et mieux comprendre sa foi. En parallèle de son emploi, il s’inscrit comme étudiant à distance à la faculté de théologie de Strasbourg.

 

 

En 2024, il entre au conseil presbytéral ; c’est une expérience très riche qui lui est alors donné de vivre et qui se poursuit encore. Quelle responsabilité ! Et en même temps, quelle joie d’être au service de son Église ! 

 

Depuis, Raphaël a beaucoup évolué dans sa façon d’appréhender les études et souhaite aujourd’hui s’engager dans un parcours de reconversion professionnelle en vue du ministère pastoral. Une nouvelle étape qui s’annonce ardue mais dans laquelle il sait que le Seigneur l’accompagne.

 

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