Une enquête à l’échelle de la région
Ensemble a voulu savoir quelle forme prenait l’Église universelle dans les consistoires de notre région. Pour réaliser cette enquête, nous avons donc soumis un questionnaire à leurs présidents. Certains consistoires n’ayant pas de président(e), nous avons adressé ce questionnaire aux présidents des conseils presbytéraux des paroisses en leur proposant de faire la synthèse de leurs réponses. Nous publions ici les quatre réponses que nous avons obtenues.
Les questions que nous avons posées sont les suivantes :
1) Pour vous, qu’est-ce que l’Église universelle ?
2) Parmi les points de reconnaissance établis à l’issue du synode régional, lesquels vous semblent les plus importants : Communauté inclusive/Lieu de témoignage commun/« Un des visages de l’unique Église du Christ »/ Lieu de solidarité sans frontières avec les autres Églises/Lieu de témoignage commun ? Pourquoi ?
3) Pour mettre en œuvre la dynamique d’une Église universelle, le synode a émis plusieurs propositions (elles ont été détaillées dans le cahier post-synodal et dans le numéro précédent d’Ensemble). Parmi ces propositions, y en a-t-il que votre consistoire met déjà en pratique ? Si oui, lesquelles et comment ?
4) Votre consistoire a-t-il des projets à plus ou moins long terme allant dans le sens de ces propositions ?
5) Estimez-vous que les paroissiens se sentent mobilisés par cette dynamique ? Sont-ils demandeurs de projets en lien avec les pistes proposées par le synode ?
L’Église universelle dans le consistoire du Montalbanais
La pastorale des Églises protestantes en Tarn-et-Garonne a été créée par un pasteur des Assemblées de Dieu et le pasteur Gil Daudé, qui ont invité le pasteur de l’Église réformée évangélique à se joindre à eux. Depuis, cette pastorale a accueilli d’autres Églises évangéliques : Église des communautés chrétiennes, Église de la semence, Église des Assemblées de Dieu en Jésus-Christ.
La pastorale se retrouve une fois par mois pour lire et commenter un texte biblique. L’un de nous prépare un texte qu’il choisit et le commente selon sa théologie, puis chacun a la parole. Le cadre fait que nous avons à entendre l’autre, sans jugement, et à dire ce que nous inspire ce texte selon notre propre théologie. Et c’est bien en posant à chaque fois cette chose essentielle qui nous réunit, que c’est le Christ qui est au centre, que c’est bien en ce dieu de Jésus-Christ qui nous reçoit tous comme ses enfants, que nous parvenons à demeurer humbles et à pouvoir entendre l’autre.
Nous préparons également les actions communes, comme le culte annuel qui réunit en octobre l’ensemble des fidèles de chaque Église. Nous y invitons les autorités civiles du département et de la ville de Montauban ainsi que nos frères catholiques. La tonalité de ce culte – liturgie ou déroulé, musique et chorale – est choisie chaque année de façon à reconnaître la diversité présente dans nos expressions de foi.
Au cours de ces rencontres, il y a forcément de l’étonnement, certainement aussi des façons de prier différentes des nôtres qui peuvent nous choquer – les cantiques ou expressions de louange ne sont pas les mêmes. Les paroissiens expriment leur réception de ces temps de prière et de culte vécus ensemble : ils disent ce qu’ils ont du mal à entendre parmi ce qui a été exprimé par l’autre, et aussi les accents de ferveur qui s’expriment à voix haute par d’autres façons de prier mais qui viennent aussi les toucher.
Pasteure Véronique Técher-Joliez, présidente du consistoire du Montalbanais
L’Église universelle dans le consistoire de l’Agenais
L’Église universelle est le visage de l’Évangile au-delà de ses « chapelles », paradoxalement une et pourtant riche de sa diversité. Elle rend témoignage à l’unique Évangile, elle a le souci de la solidarité avec l’ensemble des Églises. L’Église universelle oblige les communautés chrétiennes à s’élargir à la connaissance et l’acceptation des expressions particulières de chacune. Le consistoire de l’Agenais pratique et favorise l’ensemble des rencontres dans le cadre universel : Semaine de l’unité, Journée de la Création, Journée mondiale de prière, groupes interreligieux. Nous accueillons cette année le Defap pour la fête du consistoire et nous accompagnons une Église protestante en Côte d’Ivoire pour la construction d’un temple.
À travers l’action des Églises locales ou des Entraides, un certain nombre d’initiatives existent en lien avec des Églises ou des organismes au-delà de nos frontières : association des femmes camerounaises, association de développement à Madagascar, lien avec le Nicaragua, etc.
Peut-être faudrait-il prendre le temps de donner plus d’importance et d’intérêt à la réalité de l’Église universelle en introduisant régulièrement un point « Église universelle » à l’ordre du jour des réunions du consistoire, en renforçant nos liens avec le Defap, en s’informant des initiatives et des actions dans ce cadre. Il faudra régulièrement rendre compte et informer de la réalité de l’Église universelle au sein des Églises locales et de ses membres.
Pasteur Olivier Déaux, président du consistoire de l’Agenais
L’Église universelle dans le consistoire du Tarn
L’Église universelle désigne l’en- semble des croyants en Jésus-Christ, de tous les temps, de tous les lieux, unis par la foi. L’Église a un centre : le Christ, et il ne nous appartient pas d’y mettre des limites. Elle est un « lieu de témoignage commun / lieu de solidarité sans frontières avec les autres Églises ». Nous devons toujours prendre conscience que nous témoignons au nom du Christ et non au nom du consistoire.
Actuellement, le consistoire est en mode « survie ». Il recherche des pasteurs – si un pasteur venu du bout du monde se présentait, sa candidature serait étudiée comme une autre – et a peu de temps pour mettre en œuvre l’ensemble des propositions du synode. Toutefois, un voyage des jeunes du consistoire est proposé pour cet été à Breda (Pays-Bas) et il a été évoqué de faire venir un membre du Defap pour la rencontre consistoriale du mois d’octobre (soumis à l’approbation lors de l’AG de mars).
Nous tentons de rebooster une équipe œcuménique (diocèse du Tarn et consistoire), notamment avec les moines d’En Calcat. Comme président du consistoire, je prends le temps de rencontrer les prêtres, les diacres, les pasteurs, les moines, etc.
Au niveau consistorial, la réponse à la dernière question est non. Mais des initiatives locales existent : Journée mondiale de prière à Albi, Castres, Mazamet, la catéchèse Centre Tarn parraine un enfant d’Haïti, l’Entraide Centre Tarn soutient un jeune Africain réfugié en lui donnant l’occasion de témoigner auprès des enfants en catéchèse, échanges de chaires quand c’est possible (Albi, Revel, montagne du Tarn), cultes communs EPU Centre Tarn/Église évangélique missionnaire/Église évangélique libre avec un petit déjeuner commun le matin de Pâques, etc. La liste n’est pas exhaustive.
Gérald Moncharmont, président du consistoire du Tarn
L’Église universelle dans le consistoire de Dordogne
Pour le consistoire de la Dordogne, la réflexion a été menée par la pastorale, car la réunion prévue à ce sujet en conseil de consistoire a été annulée suite à la tempête Nils.
Le constat est que les cinq pasteurs et aumôniers du consistoire sont issus de cinq Églises et représentent cinq nationalités, et constituent de ce fait déjà une belle palette de l’universalité de l’Église.
Parmi les expériences et projets échangés, voici ceux qui paraissent les plus originaux :
• organiser une année de catéchisme à la découverte des Églises en alternant des rencontres avec des Églises sœurs sur place et avec des membres de la communauté issus d’une Église étrangère ;
• saisir l’occasion d’un mariage international pour organiser une rencontre avec un pasteur étranger ;
• proposer, lors du Vendredi saint, une marche spirituelle avec haltes au pied de croix de chemins et lectures de la Passion, en collaboration avec un prêtre délégué à la mission rurale ;
• animer des rencontres de quartier pour découvrir ce qui se cache derrière des sigles comme COE, ADS, FPF, KEK, etc. ;
• inviter à des repas d’Église ou à des concerts, à la découverte d’un pays, sur les plans gastronomique ou musical, mais aussi humain et ecclésial.
D’autres activités existent : prêt du temple à une autre communauté, aumôneries fédérative, œcuménique ou interreligieuse, célébrations œcuméniques, dont certaines préparées chaque année par un pays particulier qui peut ainsi être mis en valeur, comme la Journée mondiale de prière, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, ou la nuit des veilleurs de l’Acat.
Un projet de la pastorale ? Un voyage à Rome à la rencontre de l’Église vaudoise.
Pasteur Pierre-Alain Jacot, président du consistoire de Dordogne
