Marc Blanzat (à gauche) avec Christian Bonnet pour les 20 ans d’Olivétan à Lyon en 2023 © Martine Fleur
Sur nos chemins de vie, des temps de grâce et de lumière s’ouvrent lorsque le Seigneur permet des rencontres qui sont source de bénédiction et de joie pour soi-même, mais surtout pour une foule innombrable, et des bénédictions qui durent dans le temps. Ce fut le cas avec Marc avec qui j’ai donc collaboré à Réveil Publications/Olivétan de 1994 à 2005. Ce fut une collaboration facile et heureuse, car nous partagions une même vision et stratégie de notre mission, l’un plante, un autre arrose, chacun avec les dons qu’il a reçus. Les défis pour la presse et l’édition en ces années 1990 étaient difficiles et compliqués à relever.
Son ministère à Réveil fut exigeant et discret, mais tellement important et efficace dans le domaine de l’information et de la formation au travers du journal régional. Cependant son héritage est plus important encore dans le domaine de l’édition, car il touche l’ensemble des Églises protestantes. Marc avait une vision celle de donner à l’Église et à ses serviteurs des outils pour assurer leur ministère : des ouvrages pour édifier et former, d’autres pour célébrer le culte, mais surtout des recueils de chants.
« J’ai été le témoin de sa patiente exigence pour aboutir au recueil Arc-en-ciel, qui a eu un grand retentissement non seulement dans nos Églises réformées françaises, mais dans tout le protestantisme francophone » écrit le pasteur Marcel Manoël. Il a été l’éditeur et la cheville ouvrière du classeur de fiches liturgiques Rhône-Alpes, du Carnet de chants Rhône-Alpes, puis des recueils Arc-en-Ciel et d’Alléluia ; il a soutenu nombre d’auteurs ou de groupes dans la publication de leurs travaux. J’en mentionne deux Un catéchisme protestant d’Antoine Nouis ; la Règle de Reuilly de la Communauté des Diaconesses… Son écoute du peuple de l’Église a inspiré sa créativité pour répondre à ses besoins et à ses questions en mettant en mouvement des personnes avec leurs compétences pour aboutir à des œuvres qui marquent aujourd’hui toujours nos Églises protestantes francophones. Son humble discrétion fait que peu connaissent son rôle dans ces choix stratégiques pour l’Église et sa mission.
Je pense particulièrement à son investissement dans le groupe de travail commun auquel ont collaboré des réformés, des luthériens, des évangélistes, des baptistes pour un recueil de chants commun à la Fédération protestante de France, à la Conférence des Églises de Suisse romande et à l’Église protestante unie de Belgique. Le fruit de cette patiente et exigeante recherche a été à la base du recueil Alléluia. Chez Marc, il faut souligner sa démarche de foi qui recherchait l’Unité au sein de son Église, mais aussi avec les autres.
Au moment de la refonte de Réveil publications, c’est à lui que revient la paternité du nom d’Olivétan, du nom du recueil Alléluia, le dernier mot du psautier dans la Bible, un nom qui invite à la louange.
« Je me souviens, écrit encore Marcel Manoël, aussi de sa personnalité marquante, tout à la fois souriante dans ses relations humaines, attentive quand il fallait négocier, exigeante et parfois bourrue quand il se trouvait face au “n’importe quoi”, jamais résignée quand des obstacles se levaient contre ses projets, fidèle en amitié, et toujours plein d’espérance. Il a été non seulement un grand serviteur de l’Église, mais un disciple engagé de son Maître ! »
Si l’Église est dans la tristesse, elle est aussi dans la reconnaissance de lui avoir donné ce serviteur. L’envoi d’une de ses liturgies était : « Poursuivez donc votre route dans le Christ, Jésus le Seigneur, tel que vous l’avez reçu. Soyez enracinés en lui, affermis dans la foi et débordants de reconnaissance… » (Alléluia).
Seigneur merci de nous l’avoir donné et de l’avoir donné à l’Église.
